3 (très) bonnes raisons de regarder Unorthodox

SÉRIE – Nouvelle mini-série mise en ligne sur Netflix il y a quelques jours, Unorthodox est un petit coup de cœur que l’on recommande chaudement.

Unorthodox est la nouvelle mini-série Netflix dont tout le monde commence à parler. Et à raison. Vue il y a une semaine, il était temps de vous parler de ces quatre épisodes de 55 minutes. Quatre épisodes qui nous racontent la fuite d’Esther Shapiro (interprétée par l’incroyable Shira Haas) de la communauté juive hassidique dont elle faisait partie.

De Brooklyn à Berlin, les scénaristes se sont largement inspirés de la biographie de Deborah Feldman intitulée Unorthodox: The Scandalous Rejection of My Hasidic Roots dont la critique anglo-saxonne avait beaucoup parlé. Voici trois bonnes raisons pour lesquelles vous plonger dans cette série inspirante et didactique qui vous changera de La Casa de Papel.

Une série trilingue

Unorthodox est la première série Netflix en yiddish. Bien que mêlant aussi de l’anglais (la deuxième langue de la communauté Satmar dont est issue Esther/Esty) et de l’allemand (pour la partie de son exil tournée à Berlin), il est fort agréable d’entendre une langue méconnue de la plupart d’entre nous et de le découvrir par le biais d’un casting israélien de talent (remarquable Amit Rahav en mari dépassé). Le yiddish est directement dérivé de l’allemand dont il en emprunte un certain nombre de racines. Le parti pris de conserver les trois langues et de respecter les codes culturels de la communauté satmar de Brooklyn qui alterne yiddish et anglais dans leur vie de tous les jours (pour la plupart) est un vrai plus à l’originalité de cette série.  

Des faits réels

Inspirée d’une histoire réelle, Unorthodox peut se vanter de l’étiquette « based on a true story » une plue-value non-négligeable dans l’attrait de la série pour le grand public de la plateforme américaine. Si la partie satmar d’Esty est réaliste, sa fuite à Berlin et toutes les péripéties autour de son entrée dans l’école de musique sont fictionnelles.

Alternant entre son évasion vers l’Allemagne, la poursuite initiée par ses beaux-parents dont elle la cible et les flashbacks de sa vie familiale d’adolescente et de femme mariée à Brooklyn, Unorthodox nous balade entre passé et présent pour mieux nous expliquer son choix soudain de quitter une communauté dont elle semblait être la première défenseure et partisane.

Une immersion chez les Satmar

Partant du constat que cette série s’inspire du point de vue de Deborah Feldman (qui a participé à l’écriture du scénario), Unorthodox a essayé de miser sur une vraisemblance factuelle pour offrir un premier regard sur les us et coutumes de cette discrète et recluse communauté sectaire de juifs ultra-orthodoxes.

Beaucoup d’aspects de cette religion intégriste sont abordées à travers la vie d’Esty. Le poids de l’héritage parental avec un père alcoolique et une mère bannie d’une petite communauté soudée et intrusive ; son rôle de mère au foyer (plein de concessions et de frustrations au fil des mois) pour lequel elle se prépare depuis des mois et dont elle refusera pourtant d’y acoller l’étiquette de machine à bébés ; enfin, la vie communautaire rythmée par les fêtes religieuses et la réclusion communautaire imposée dès le plus jeune âge. Sans oublier les troublants chantages faits pour le bien de la communauté. Tous les détails sont soignés et étudiés : costumes et décors y sont pour beaucoup.

Sans vous en dévoiler trop, Unorthodox est une mini-série intelligemment structurée qui mêle habilement suspense, espoir et réalité. C’est un regard critique mais tout de même indulgent qu’on l’on perçoit à travers le témoignage du personnage d’Esty dont la fuite et le ré-apprentissage d’un mode de vie moderne était la seule issue de secours. Et un message fort : la liberté de choisir. Pas de manichéisme dans cette mini-série contemporaine touchante qui vous marquera à coup sûr.

A regarder pour compléter sa culture sur la communauté hassidique : le captivant documentaire L’Un des nôtres (One Of Us) disponible sur Netflix.

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