On a écouté : L’hiver et la joie de Robi

Une boîte à rythme comme les Kills, des textes à la Dominique A. Un mariage étrange, un mariage heureux. Un rock épuré porté par une voix rauque, celle de Robi. Un rock en noir et blanc, plus noir que blanc. Triste mais pas larmoyant. Minimaliste et hanté. Transperçant et tourmenté.

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 Robi est la fille que j’aurais aimé être, mystérieuse avec ses longs cheveux longs et noirs, ses grands yeux qui vous regarde droit dans les yeux. Une rockeuse intimidante avec une présence qui vous glace. Robi chante, tu l’écoutes. Robi t’emporte dans son tourbillon rock sans que tu comprennes ce qu’il t’arrive. Pourtant, il n’y a pas trois guitares électriques aux riffs saignants. Il n’y a pas de batterie énervée non plus. Elle ne hurle pas dans un micro, elle ne fait pas de « fuck » avec les doigts. Robi est classe. Sa musique est touchée par la grâce. La même grâce qui habille les textes d’un Dominique A. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard, si l’une des plus belles plumes de la chanson française fait une apparition sur le titre Ma Route, extrait de L’hiver et la joie, le premier album de la jeune femme. Des mots scandés sur un riff de guitares acérés, des voix qui se marient parfaitement. Le maître qui adoube l’élève. Quand Robi se tente à l’exercice de la reprise, la jeune femme s’attaque à un morceau de bravoure, « il se noie » de Trisomie 21, une  reprise magistrale et surprenante.

L’hiver et la joie est un mélange de violence et douceur. D’ombre et de lumière. De la new-wave vaporeuse, spectrale. Les chansons de Robi sont envoutantes et habitées. Elle joue avec les mots, jongle avec les maux, parle d’incertitude, d’hasard. Des chansons qui prennent aux tripes, qui tortillent, qui glacent de l’intérieur. Les textes viscéraux sont toujours remarquablement mis en avant, la musique elle, est étrangement en retrait comme sur l’étrange « Ou pour Toujours », un uppercut pour conclure un album minimaliste au possible. C’est dans la retenue qu’il y a plus d’émotion, et Robi n’explose jamais. Elle se contient, à la limite de l’explosion interne, sur le fil. Fragile. Un album intemporel. Un énorme coup de cœur.

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