Mad Max Fury Road : girl power et gasoline

J’avoue, je ne me réjouissais pas des masses avant d’aller voir Mad Max, j’en n’ai vu aucun auparavant et à la vue de la bande annonce j’étais pas hyper emballée. Des voitures et des camions customisés dans un désert ça m’intéresse moyen. La vérité c’est que je ne m’attendais pas à voir une ode au féminisme. Parce que clairement Mad Max, c’est ça. Si le film porte le nom du héros incarné aujourd’hui par Tom Hardy (Mel Gibson est un peu trop croulant et fatigué pour jouer les héros aujourd’hui), c’est bien Charlize Théron le personnage principal. C’est elle qui porte le film. Vraiment.

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L’histoire tient sur le recto d’un ticket de métro : Imperator Furiosa veut aider les esclaves sexuelles d’ImmortanJoe à s’enfuir et enfin être libre. Evidemment, rien n’est facile. Rapidement, elle a l’armée de War Boys à ses trousses, de la chair à canon qui ne vit que pour mourir. S’ensuit une course poursuite dans le désert aride, acide et hostile. Mad Max se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment et malgré lui il s’embarque dans cette course endiablée vers la terre promise : La terre verte. Charlize Théron est l’héroïne, la femme à la fois forte et au regard tendre et fragile. Elle a un bras en moins mais tellement plus de couille que n’importe quel mec. On aurait pu penser que les sublimes naïades du désert n’étaient la que pour apporter la caution sexy de n’importe quel film d’action hollywoodien mais elles aussi, sont des guerrières, une façon de dire qu’une fille peut-être canon elle n’est pas qu’une potiche qu’on engrosse. Mad Max, bodybuildé est au service de ces filles-là, il prend les ordres de Furiosa et lui obéit.

Ce Fury Road vaut mieux que n’importe quel discours féministe.  C’est clairement affirmé : les femmes sont égalés aux hommes, dans le désert c’est elles qui se battent, conduisent les motos, se servent des armes, que ce soient les jeunes femmes ou les âgées. Derrière, les archaïques hommes de la Citadelle cravachent en voulant récupérer « leurs propriétés ». Preuve encore que c’est Furiosa, l’héroïne du film, c’est elle qui tue le méchant et libère la Citadelle asservie. La dernière scène est touchante : le peuple l’acclame elle, Mad Max s’efface et se perd dans une foule dense.

>> Un TumblR à voir sur le féministe Mad Max : http://feministmadmax.tumblr.com

Si l’histoire et le message est fort (le féminisme, la rédemption, l’espoir sont les thèmes qui se cachent derrière le scénario hyper simple) la réalisation est impressionnante. La photographie est magnifique, notamment ce plan de paysage en désolation, le seul instant où les couleurs sombres remplacent l’ocre du désert. Le rythme est hyper soutenu. Passées les cinq premières minutes un peu kitsch, on s’en prend plein les yeux et les oreilles, parce que la bande-son est placée sous le signe du rock’n’roll. Du rock qui crache du feu, illustré par cette guitare lance-flamme incroyable que l’on aperçoit tout au long du film. Du kitsch, du fort, du WTF, du féminisme, apocalyptique et épuré, simple et efficace : Georges Miller a trouvé les doses parfaites de chaque ingrédient pour signer un grand, très grand, film.

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