On a écouté : « The Onion » de Lail Arad

Il faut remonter à 2011 pour trouver le premier album de Lail Arad. Someone New était un petit bijou pop-folk. Cette fois, la Londonienne pousse plus loin et se lance sur le chemin du rock lo-fi, à la manière d’une Courtney Barnett. The Onion est un album à la fois barré et insouciant où la jeune femme raconte des galères, elle parle d’amour, de cette foutue vie qui passe sans qu’on puisse rien y faire. Mais avec un je-m’en-foutisme rafraîchissant.

Dans The Onion, Lail Arad assume aussi plus ouvertement ses influences, on pense à Lou Reed en écoutant « When We Grow Up », un titre que l’on jurerait tout droit débarqué des années 1970. Elle déclare son amour au grand Leonard Cohen dans une ode adorable (« 1934 ») qu’on chante à tue-tête. Elle aussi regrette d’être née à la mauvaise époque (« It’s just a shame that you were born in 1934) et se rêve muse de l’auteur de « The Partisan ». C’est un sentiment qu’on a toutes ressenti, à un moment donné de nos vies, n’est-ce pas ? N’EST-CE PAS ?

Avec « Count With Me », Lail Arad nous offre un titre assez rockabilly plein de nostalgie et mélancolie avec une guitare électrique qui chaloupe tendrement, des claquements de doigts et des « darling » en veux-tu en voilà. On dodeline de la tête, on tape du pied et on compte jusqu’à six comme elle ne nous le demande. « Whirlybird » est dans la même lignée.

Avec humour et une plume décapante, Lail Arad s’amuse aussi à décrire les stades d’une relation amoureuse, distillant du français dans ses textes par moments comme sur Milo (« I miss you Milo, riding on your vélo, writing with your stylo, stealing all my gâteau…”). Journal intime ouvert à l’oreille de tous et de toutes, The Onion est un album qui fout la banane. Écrit entre Genève et New-York, nourri par les escapades dans les ruelles de Londres, saupoudré d’influences 60’s et 70’s, il peut sembler parfois foutraque mais en fait, on s’en fout. Et s’il fallait te résumer l’album en une phrase, je te dirai que le message essentiel serait celui-là « shit happens everyday but it’s okay ». E-FUCKING-XACTLY.

The Onion, sorti le 15 avril 2016 (The Vinyl Factory/PIAS). En concert le 18 mai à la Boule Noire.

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