On a écouté : « Have You Met Gaspard Royant ? » de… Gaspard Royant

Have You Met Gaspard Royant ? Quelle question. Mais oui bien sûr. Ça fait un moment qu’on l’a croisé. Qu’on l’écoute en gesticulant les genoux. Qu’on l’aime et qu’on le suit. On attend toujours avec une excitation non feinte les albums du plus crooner des chanteurs français. Ce garçon, Gaspard Royan, j’ai toujours l’impression qu’il a débarqué des années 1950 à bord de la Dolorean de Marty McFly. C’était déjà le cas avec son premier album et c’est encore le cas avec le deuxième, un album aux accents rock’n’roll et soul qui fait du bien à la tête et aux oreilles. Je crois que, comme moi, ce garçon souffre de la plus cool des maladies musicales : la retromania.


Les symptômes ? Très facilement identifiables : une tendance à avoir la tête dans une autre époque et la considérer comme la meilleure de toute. Pour moi, j’ai pas encore identifié la meilleure. Ça dépend des mois, des semaines. Mais elle se situe entre les années 1950 et 1970. Bref, l’époque des parents quoi. C’est un peu l’âge d’or de la musique et ce Have You Met Gaspard Royant ?, j’ai l’impression qu’il aurait eu sa place dans les bacs poussiéreux et bordéliques des disquaires de la vieille et glorieuse époque. Cette fois, le dandy Gaspard Royant signe un nouvel album délicieusement vintage aux sonorités plus Northern Soul.

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Minute culturelle : c’est quoi le Northern Soul ? C’est un truc compliqué, mais fondamental dans la culture musicale britannique. Ça ne correspond pas seulement à un genre musical mais aussi un esprit particulier, de diggers et de recherche de nouveauté dans la deuxième moitié des années 1960 dans le nord de l’Angleterre, d’où le Northern d’ailleurs (tu l’avais saisi pas vrai ?). Ça tire ses racines dans la musique soul américaine. En gros les DJs et vendeurs de musique cherchant à satisfaire la curiosité insatiable des jeunes Anglais, se sont tournés vers les États-Unis pour dénicher de nouveaux sons à mettre dans leurs oreilles. En fait, ils dénichaient les bides commerciaux américains (pas parce que c’était mauvais mais par manque de promo… et ouai, il y avait déjà ce problème de promo dans les années 1960).
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Pour déterrer avec lui les sonorités soul, Gaspard Royant a fait appel à l’un des plus gros fans de Northern Soul : Edwyn Collins : c’est lui qui réalise l’album. Et c’est une très bonne chose car ça sonne authentique, ça donne furieusement envie de danser, de gesticuler comme un fou en essayant de suivre le rythme, même s’il nous assure qu’il faut plutôt suivre le nôtre, plutôt que suivre celui des autres (« Follow the Rythm », très Jerry Lee Lewis dans le style).  « Solo Artist of the Year » et sa guitare massive nous transporte aussi dans une autre époque. Gros coup de cœur pour « Hard Times » avec sa batterie métronomique et ses riffs de guitares qui sortent de nulle part comme des éclairs.

Gaspard Royant a aussi l’intelligence d’alterner entre morceaux furieux et ballades mélancoliquesOn craque pour « Night in the City » (est-ce la référence à Johnny Marr ? je ne sais pas). En raconteur d’histoire hors pair, Gaspard Royant s’amuse aussi de l’art de la drague, notamment quand on est un peu timide (wink) et élabore de drôle de stratagème pour attirer l’attention de sa chérie (« Getaway »). D’ailleurs, l’amour c’est encore l’un des thèmes omniprésents de l’album. En même temps, quand le titre de l’album est une proposition de date, est-ce surprenant ? Et s’il vous faut encore un argument pour vous convaincre de l’accepter ce rendez-vous, en voilà :

1. la section de cuivres des Dexys Midnight
2. les cordes de Belle & Sebastian et des Tindersticks.
Encore ?
3. Personne aujourd’hui n’a jamais aussi bien fait sonner les années 1960.

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En concert le 11 avril à la Maroquinerie.

 

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