Hozier revient en force avec « Nina Cried Power », un nouvel EP puissant et pertinent

CHRONIQUE – Cela fait quatre ans qu’Hozier n’a pas sorti d’album. Ce ne sera pas pour tout de suite. Pour patienter, l’Irlandais a dévoilé « Nina Cried Power », un superbe nouvel EP.

Certains artistes se font attendre. Ils refont un album qui ne leur plaise plus, ont des pannes d’inspiration. Ou alors, ils n’ont plus envie. Des tas de raisons qui, parfois peuvent nous rendre amers. D’autres disparaissent quelques années, et réapparaissent comme des fleurs, avec des albums, ou des EP qu’on n’attendait plus. Et on crie au génie.

Un avant goût de l’album

Hozier c’est, bien sûr, « Take Me To Church ». Un hit mondial, engagé et génial. C’est aussi un seul album éponyme au compteur, sorti en 2014. Quand, il y a quelques mois, on a vu que son nom commençait à apparaître dans quelques programmations de festivals, nos petits cœurs ont flanché. Finalement l’Irlandais, presque muet sur les réseaux sociaux, confirmait une tournée nord-américaine et quelques dates au Royaume-Uni. Au passage, il calmait les ardeurs de beaucoup en révélant la sortie d’un nouvel EP, Nina Cried Power. « Cette collection de chansons est un exemple de ce sur quoi j’ai travaillé ces derniers temps, et ce sera un petit avant-goût de ce qui viendra dans l’album à venir » postait-il sur sa page Facebook.

Un peu déçus, avouons-le, nous consolâmes bien vite notre peine en entendant les quatre titres figurant sur Nina Cried Power. D’entrée de jeu, Hozier nous offre un featuring avec Mavis Staples, grande prêtresse blues américaine sur le titre qui donne logiquement son nom à l’EP. Un hommage à Nina Simone et sa chanson « Sinnerman ». Et à tous les grands artistes américains engagés. Une batterie et une basse bien lourdes, des chœurs spirituels et une ligne mélodique de voix absolument orgiaque. Tout un crescendo d’intensité, où Hozier semble avoir gagné en engagement et solidité vocale. « Nina Cried Power » est une chanson anti-oppression que chacun interprétera à sa guise, selon ses convictions. On rappellera juste le clip de « Take Me To Church », celui de « Cherry Wine » et le positionnement de l’artiste pour la légalisation de l’avortement en Irlande (pays archi-catho), il y a quelques mois de cela.

Nothing Fucks With Hozier

« NFWMB », littéralement « Nothing Fucks With My Baby » est un titre plus sobre, moins grandiloquent. Une intro à la guitare acoustique, assez semblable à celle de « It Will Come Back ». Un clavier presque dramatique, sur lequel Hozier mêle sa voix dédoublée dans un souffle. Tout ça, très contenu. Exit le lyrisme et le côté épique de « Nina Cried Power ». La troisième chanson, « Moment’s Silence (Common Tongue) » est un concentré de tout ce que contenait l’album d’Hozier, en plus Black Keys des débuts. Une guitare électrique qui double la voix, des slaps, des chœurs, une basse bluesy et toujours cette atmosphère grave et flamboyante qui emplit nos cœurs de force et de hargne.

« Shrike » qui clôture l’album a elle, des airs de « Cherry Wine » avec son intro à la guitare folk, son balancement ternaire, ses cordes, ses quelques percus et ses couplets poético-passionnés. Les songwriters irlandais aux cœurs brisés ne sont pas bien loin. Les bandes originales de film non plus (coucou Tarzan).  C’est aussi la plus longue de l’EP, 5 minutes tout rond. En somme, un EP qui nous laisse espérer un album aussi bon que ces quatre titres. Quatre titres qui auraient très bien pu figurer sur le premier album. On crie au génie.

Nina Cried Power EP – Universal 

En concert le 18 septembre à l’Olympia de Montréal,

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