Lullaby, l’EP qui signe le retour fracassant des Dear Criminals qu’on adorait

SORTIE – Les Canadiens de Dear Criminals continuent leurs sorties d’EP annuels. Lullaby sera celui de l’année 2018. Et il nous a brisé le cœur de bonheur.

Je vais t’avouer quelque chose. J’avais décroché de la musique de Dear Criminals. Quelque part après Strip, sans vraiment savoir pourquoi. Enfin si, quand même un peu. Les EP qui ont suivi ne me faisaient plus pleurer. Ne va pas te méprendre. Another Picture, Nelly, ou même Fatale, sont excellents. Bien, bien au-dessus de la moyenne de tout ce que peut faire la musique aujourd’hui. Et ils accompagnaient des projets magnifiques. Mais ils ne m’ont pas fait pleurer. Ils ne m’ont pas couper le souffle, littéralement. Seuls Weapons et Crave l’avaient vraiment fait.

dear criminals lullaby
dear criminals – Lullaby

C’est difficile, de dire qu’on a décroché de l’excellence, mais c’est ce qui peut arriver quand on a approché la perfection, je crois. Je trouvais que les sons avaient pris le pas sur les silences. Que les claviers avaient pris le pas sur les voix. Que l’expérimentation effaçait un peu l’émotion. En tout cas trop pour moi. Alors j’ai décroché. Jusqu’à hier. Parce qu’hier vois-tu, je me suis penchée sur Lullaby. Le nouvel EP. Et au premier titre, « Take Rest », j’ai pleuré. Et j’ai su qu’ils étaient revenus.

« Crash and feel again »

Les Dear Criminals de mon souvenir étaient à nouveau dans mes oreilles. Le trio magique, si symbiotique, si parfaitement juste dans l’agencement de leurs souffles et de leurs mots, était de retour. Bonheur indescriptible. La simplicité est là. Ces vagues qui vous noient, ces mots qui vous transpercent et font remonter tant de choses… Cette façon de les poser sur de simples notes. Et à nouveau Frannie et Charles qui chantent à l’unisson.

Je replonge dans les émotions des débuts, mais pourtant les voix viennent d’un autre temps. Cet effet posé sur l’enregistrement, peut-être par Philippe Brault qui réalise cet EP (ou alors est-ce l’enregistrement qui s’est fait avec d’anciennes bandes ?), n’est pas loin de me rappeler la chaleur d’un Little Joy. Conjuguée à la froide ambiance des Dear Criminals, le cocktail est explosif pour les cœurs sensibles. Ces berceuses qui sont loin d’en être ne vous feront pas dormir. Elles vous feront pleurer.

Je pensais que la perfection ne seraient plus jamais atteinte. J’avais tort. Dear Criminals n’est pas de ces groupes qu’on cite comme ayant été parfaits. Ils sont de ceux qu’on conjugue à tous les temps. Qu’on écoute par tous temps. Et qui l’arrêtent, le temps. Alors prépare-toi, car à la clôture de ce chef d’œuvre, à la dernière seconde de « Where We Started » et de son déchirant « Living deads they melted, So all their ashes could dance, Death will dance », il faudra te souvenir de tout. Et te souvenir surtout de comment vivre dans ce monde terrestre, après 25 minutes à avoir côtoyé le divin.

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