IDLES et LIFE : vague de chaleur sur l’Autre Canal

LIVE REPORT – Pause nancéienne pour revoir les british d’IDLES. Pas de surprise, l’ambiance était au rendez-vous dans la surchauffée grande salle de l’Autre Canal.

La tournée d’IDLES n’en finit plus. Depuis la sortie de l’acclamé Joy As An Act Of Resistance, les 5 gars de Bristol sillonnent les routes du monde et se sont donc arrêtés à Nancy, juste avant leur printemps de Bourges. Impossible de les manquer après l’excellent souvenir du concert lillois.

LIFE, la parfaite entame

Impossible aussi d’être en retard, puisque la première partie est LIFE. Le groupe anglais, débarqué de Hull (c’est fou ce qu’on améliore notre géographie quand on aime la musique), continue de présenter sur scène son premier album, sorti en mai 2017 déjà, et intitulé Popular Music. Dès les premières secondes, on comprendra vite toute l’ironie derrière ce titre. On verse plutôt dans le rock indé tendance punk pour ce quatuor électrique et complètement survolté.

Si la salle est plutôt calme au départ, le charisme et la folie du leader Mez va vite séduire tout le monde et faire bouger les premiers rangs. Il arpente la scène, s’invite dans le pit, le tout avec une classe toute british et un piquant bienvenu. Un piquant qu’on retrouve partout dans les paroles (« Jenny lives of glycerine paste because she says it’s low in calories, likes the taste » dans « Rare Boots »), comme dans les (forcément engagées) prises de position, Brexit et cas américain en tête (cf. le titre « Euromillions »). Bref, le retour de la vague punk/rock anglaise est décidément prolifique en très bons groupes live.

IDLES, entre tension et habitudes

Et parmi cette liste, IDLES. Pour tous ceux qui les ont déjà vus, pas grand chose de neuf. Mais IDLES fait finalement se poser la question de ce qu’on recherche à un concert. Si ta réponse est nouveauté, improvisation, réflexion, passe ton chemin. Si ta réponse est énergie, sueur et gros son, fonce sans hésiter. Impossible d’être déçu par ce concert, qui du début à la fin aura toujours maintenu un niveau de tension et de « brustalism » maximal.

Néanmoins, on aura remarqué que le groupe n’était peut-être pas au plus haut niveau de fraîcheur et de calme, quand Joe Talbot s’emporte contre un membre du public. Lui qui installe d’emblée les règles de fonctionnement de son concert (on fait attention les uns aux autres, tout le monde doit pouvoir vivre le show correctement, sous entendu eh les gars, les meufs ont aussi le droit de se sentir bien) ne supportera pas de voir un type faire le lourdaud et exigera de la sécurité qu’il le sorte, le traitant copieusement au passage de « cunt ». Ambiance, ambiance !

Mais le reste se déroulera sans encombre, au grand dam de certains, qui pourront regretter le fonctionnement « machine rôdée » qu’ont pris les concerts du groupe avec le temps. Peu importe finalement, qu’on connaisse sur le bout des doigts l’entame parfaite du show (« Colossus », « Never Fight A Man With A Perm ») ou qu’on s’attende au moment où Mark Bowen cèdera sa guitare et où Lee Kiernan foncera dans le public. Peu importe qu’il n’y ait pas eu « Cry To Me » (niveau reprises on aura tout de même eu « All I Want For Christmas »), ou qu’aucun membre du groupe n’ait slamé comme à leur habitude, se « contentant » d’aller danser dans la foule. Peu importe, parce qu’IDLES a fait le taf, et qu’après tout, c’est bien tout ce qu’on leur demande.

Et on continue d’en redemander.


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