The Districts, l’hirondelle qui fait notre printemps

CHRONIQUE – Voilà un peu de sang frais pour vos écoutes qui tournent peut-être un peu en rond en ce moment. The Districts ne sont pas tout nouveau sur le marché, mais leur dernier album You Know I’m Not Going Anywhere est une vraie bouffée d’oxygène !

Voilà quelques temps déjà que nous attirons votre attention sur ce groupe originaire de Pennsylvanie. Détail géographique inutile selon les intéressés eux-mêmes, mais il faut bien planter le décor.

Premier article en 2015, suivi d’une interview plutôt espiègle et quelques mises en lumière de jolies pépites. Ils sont de retour avec un nouvel album, qui, bien qu’il soit sorti « avant tout ça », se retrouve affublé d’un titre ironiquement bien trouvé : « You Know I’m Not Going Anywhere ». LOL. Ça tombe bien, parce que nous non plus, du coup, on ne va nulle part. Mais on est très volontaire pour disparaître dans votre univers les gars.

Mélodies lumineuses en strates

Ce nouvel album est très cohérent. C’est ce qu’il en ressort dès la première écoute. Une sorte de mille-feuilles bien équilibré, avec la bonne dose d’ingrédients entre chaque feuille. Peu importe le titre et son univers propre, électrique pour « Changing » ou plus folk avec « Descend », il s’en dégage beaucoup de lumière.

Le fil d’Ariane entre ces titres serait un sourire franc, la chaleur des derniers rayons du coucher de soleil, ou encore une sorte d’intention positive imprimée dans chaque morceau. L’énergie est très solaire, voire même exaltée. « Dancer » dont la mélodie est peut-être la moins joyeuse semble pourtant n’être qu’un répit, une prise de recul, avant de replonger dans la turbulente « Sidecar ». Titre le plus rock et un des plus réussi aux côtés de « Cheap Regrets ».

Pendant l’écoute entière de l’album on va flâner, puis danser, flirter aussi, se prélasser. En tout cas on se laisse prendre par la main et The Districts font ce qu’ils veulent de nous…

Les cousins éloignés des Local Natives

Si on dit mélodie en strates, on ne peut s’empêcher de penser à la beauté d’un Gorilla Manor des Local Natives. On y chipe çà et là quelques percussions, mais surtout ce rythme sous forme de cavalcade. Pour preuve le très sautillant « Velour and Velcro » qui en live, doit faire réagir même les plus renfrognés.

Ou encore « My Only Ghost » et son chant très choral, comme imaginé pour une cathédrale, haut perché et sublimé par les harmonies de voix. Mais inutile d’insister sur ces supposées ressemblances, ce n’est qu’un sentiment totalement subjectif. The Districts ont bien leur propre style, et il est suffisamment foisonnant pour que chacun y trouve son bonheur. 

Un début et une fin

La réussite de l’ensemble réside dans l’histoire que l’on nous raconte visiblement, au travers des changements de style des différents titres. « My Only Ghost » débutait la messe comme nous l’avons déjà dit. Au milieu nous avons sautillé.

Et puis « 4th of July » et sa quasi berceuse, en signe la fin. Du joli folk en picking pour vous indiquer la sortie et vous souhaiter de rentrer à la maison sain et sauf. Mais ceci est fait d’une manière toujours aussi douce et souriante, notamment grâce au sifflotage dont la mélodie devient le refrain. C’est un merci, dommage que ce soit fini, mais à très bientôt.

Donc si vous cherchez un album pour vous aider à voir le verre à moitié plein, plutôt qu’à moitié vide, nous ne pouvons que vous conseiller You Know I’m Not Going Anywhere. Et si cela vous donne envie de vous plonger dans leurs premiers albums alors nous aurons bien fait le job… 

You Know I’m Not Going Anywhere (Fat Possum Records) – disponible.

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