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Notre cœur bat la chamade pour “Tako Tsubo” de L’Impératrice

CHRONIQUE – Avec “Tako Tsubo”, son deuxième album, L’Impératrice frappe dans le mille. À écouter sans aucune parcimonie.

Ça faisait un bail que l’on attendait le deuxième album de L’Impératrice. Après la sortie de Matahari il y a trois ans déjà, les Parisiens étaient partis à la conquête du monde, nous enchantant de leur bonnes vibes groovy as hell. Même si un gros bout de leur tournée, et notamment leur concert à Coachella, n’a pas pu avoir lieu pour cause de pandémie, le groupe ne s’est pas reposé sur ses lauriers.

Tako Tsubo est né ce vendredi 26 mars. Un très beau bébé électro-pop de 13 chansons, regroupées autour du thème de la rupture (dont une reprise et deux instru). Rappelons que ces mots japonais signifiant piège à poulpe, retranscrivent un syndrome qui se manifeste par une déformation du cœur due à une intense émotion, négative ou positive. Ce long jeu, réalisé en collaboration par Renaud Letang (Feist, Philippe Katerine) comme pour Matahari, a pourtant quelque chose de plus excitant que sur le précédent album studio sur lequel nous avons pourtant beaucoup (beaucoup) dansé en concerts.

Des émotions sans limites

S’agit-il d’un vrai lâcher-prise ? La sortie du chemin romanesque, très cinématographique, presque castrateur, emprunté dans un Matahari un peu linéraire ? Tako Tsubo regorge lui d’émotions, sans retenue ni pudeur. Sans limites, et très imagées. Coup de foudre, chagrin, folie, relations à distance, succès… des montagnes russes de sentiments extrêmes, de la passion à la douleur mentale et physique. Il reste toutefois beaucoup de mélancolie (“Hématome”) dans des textes qui alternent entre français et anglais. Le timbre de voix de Flore Benguigui, stable, d’une douceur et d’une rondeur absolue permet aux mots de se mêler aux arrangements, tel un instrument à part entière (“Tombée pour la scène”). Admirable !

On vous met au défi de ne pas remuer de l’arrière-train en écoutant ces petites rythmiques de bongo (“Off to the Side”) ou cette basse de la mort (“Voodoo?”). En plus d’un duo rythmique basse-batterie qui assure un groove évident (“Submarine”, “Fou”), les machines/claviers et la guitare bonbon ne déméritent pas non plus (“Souffle au cœur”, “Anomalie bleue”). On a le sentiment que chaque titre a été travaillé pour faire grimper l’excitation en nous, tout en faisant pulser notre cœur à 100 battements par minute. Mieux que des orgasmes ?

Une tachycardie plus tard

Si la tachycardie est un risque à prendre en écoutant Tako Tsubo, l’excitation demeure et grimpe tout au long de cet album bien construit, que l’on peut écouter plusieurs fois d’affilée et, qui se clôture magistralement avec un hommage. Rendre aussi sexy une ballade mélancolique de Michel Berger, c’est fort.

Niveau coups de cœur, on planche sur “Anomalie bleue” (écrite avec Fils Cara), pour son final pulsé, ces descentes de synthé, ce clap de doigts, et cette rythmique de synth’ basse qui motiverait n’importe quel badaud en proie à du chagrin à relever la tête et reprendre confiance en soi. Dur de résister aux refrains de “Off to the Side”, qui nous font presque penser à du Abba version 2021, et à “Voodoo?” dont on vous avait déjà parlée (ici). Enfin, on a un kick sérieux pour “Tombée sur la scène”, ses nappes électro planantes et son univers interstellaire qui nous réconfortent et nous enveloppent d’une aura bienveillante.

Bref, un album à écouter sans parcimonie, jusqu’à ce que béatitude s’en suivre.

Tako Tsubo – L’Impératrice (Microqlima)

 En concert le 28 mars 2022 au Zénith de Paris et le 9 avril 2022 au MTelus de Montréal.

Crédit photo : Théo Gosselin