Francos de Montréal 2026 : Danyl, Wamen, St Graal
COMPTE RENDU – Jour 3 aux Francos de Montréal et la pluie en invitée qui ne nous a pas empêché de kiffer trois projets français, Wamen, St Graal et Danyl.
Dimanche pluvieux, dimanche heureux ? La météo est particulièrement mauvaise ce dimanche 14 juin, mais il nous en faut plus nous décourager. Imperméable, parapluie, bottes de pluie et let’s go.
Wamen, le match du r’n’b et de la pluie

Premier arrêt scène Loto-Québec pour découvrir la fameuse Wamen. Plusieurs de ses chansons nous ont été suggérées dans des playlists de hits du moment. On était curieux de la voir performer. Wamen est une sorte de petite sœur de Vitaa et Amel Bent pour ses textes francs et la grandiloquence de ses mélodies mélancoliques. Elle est influencée par les sonorités soul classique (Nina Simone, Aretha Franklin), r’n’b américain (Alicia Keys, Aaliyah) et pop contemporaines comme Olivia Dean dont elle reprend en français, « A Couple Minutes » (« Quelques minutes »). « Le r’n’b ça va trop bien avec la pluie » déclare la Franco-Camerounaise quelques minutes après être entrée sur la scène. Elle s’y meut pieds nus, grand sourire aux lèvres. Dans une élégante robe de drapés rouge, la belle est ravie d’être à Montréal accompagnée de ses deux musiciens (guitare + backing tracks, batterie) qu’elle ne cesse de mettre de l’avant.
Son répertoire est largement influencé par les relations difficiles et l’amour (« Toxique »). Mais aussi la famille (« Maman ») et les questionnements personnels (« La vie d’adulte »). Des thèmes mis en valeur par ses facilités vocales impressionnantes. Il continue de pleuvoir fort mais nombreux sont ceux qui font fi des gouttes et qui chantent sous leur parapluie. À attendre patiemment « Difficile » aussi, sa chanson titre qui aborde avec poigne la notion de fille facile. Déjà émue, elle se laisse aller lors de sa performance de Mon autre et clôture son set par sa chanson À la hauteur. « J’aurais pas pu rêver mieux » glisse-t-elle. Malgré la pluie, Wamen a été à la hauteur, et elle peut être fière.
St Graal boom boom

On file s’abriter sous la tente de scène Brasseur de Montréal. Se sécher la couenne en découvrant le set de St Graal est une petite satisfaction de la journée. St Graal (Léo Meynard) se présente sur scène comme un boxeur prêt à en découdre. N’y voyez aucune violence. St Graal est une licorne sous boissons énergisantes végétales Made in France. Pour son tout premier concert en terres québécoises (réclamé à de nombreuses reprises à son équipe), St Graal donne tout. Avec ses séquences et prod’ en arrière, sa guitare et son micro en avant, il vient chercher le public comme si sa vie en dépendait. Un public de connaisseurs (à l’accent français de France) qui connaît les paroles des chansons mieux que la messe (« Game Over »).
Les histoires d’amour de St Graal, son premier album sorti cette année, lui a déjà permis de remplir un Trianon, et d’annoncer un Olympia (de Paris) dans la foulée. Entre pop-rock (« Contre-soirée ») et électro, St Graal et ses textes naïfs surfent sur le quotidien festif et désabusé de la gen Z (il est né en 1998), dans la veine de Odezenne et Thérapie Taxi (« Je t’emmènerai »). French touch sans langue de bois. « Merci de faire vivre la culture, merci de vous rassembler ! » arrive à glisser Léo entre deux respirations. Faut dire qu’il saute, danse et court partout. « Mon cardio ne correspond pas à ce show ! » s’amuse-t-il encore. Il finit son set par « Techno boom boom » et rejoint le centre de la fosse pour danser avec le public. Il est bientôt 20h pourtant on a l’impression d’être en pleine rave. Pour un gars seul avec son ordi et sa guitare, sous une tente sombre avec la pluie qui continue de tomber, on dit bravo.
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Danyl comme à la maison
Il est temps de repartir sous la pluie vers la scène Loto-Québec. Un troisième artiste français joue pour la première fois à Montréal. Il y a quelque chose de fascinant à écouter ce qui cartonne en terre natale en ce moment. Un décalage assez flagrant avec les têtes d’affiche locales (qu’on adore, là n’est pas la question).

Danyl est attendu de pied ferme. Des maillots et même un drapeau algérien ont pris place sur le parterre. Enfant de deux parents algériens, Danyl est né en 1998, comme St Graal, et a grandi dans le Val de Marne. Il a étudié le piano au conservatoire avant de se consacrer à son projet de rap dans lequel il mêle avec facilité et plaisir coupable les influences raï de son enfance. On est ravi de le voir entouré d’un vrai batteur (et non une batterie électronique) qui tabasse, d’un guitariste et d’un DJ-danseur-back vocal qui fait le show. Ça fait tout la diff.
Quand il arrive sur scène sur les coups de 20h00, Danyl semble calme et heureux. Entame de concert avec « Mazel », le timbre de voix est grave, précis et assuré quand il rappe. Lyrique et mélancolique lorsqu’il pousse la voix. La balance est parfaite. « Quel accueil Montréal ! Je me sens comme à la maison ! » Belle récompense pour un public chaud bouillant malgré les conditions climatiques défavorables. Les youyou résonnent dès que Danyl prend la parole, grand sourire charmeur aux lèvres. Notamment lorsqu’il félicite Montréal de son multiculturalisme, avant de jouer « La voisine » son hymne au vivre-ensemble.
Beau brouillon

Son habileté scénique et musicale (il part parfois rejoindre son ami et musicien Ilan pour jouer des percussions et des claviers) nous fait oublier la pluie qui finit par cesser. Entre les titres tirés de ZMIG son premier album, Danyl balance « Galbi » (de son premier EP), une avant-première de son single qui sort dans quelques jours (« C’est nous » ?), ainsi que sa reprise raï-sée de « Alors on danse ». Alors que le concert bat son plein, il s’amuse à créer une prod live en enregistrant des voix du public. Ça paraît simple mais c’est réussi. Franchement, le set est nickel. L’énergie est contagieuse et les chansons sont accrocheuses. Il finit son set avec « Brouillon » et ramène toute son équipe avec lui sur scène pour chanter ensemble « c’est brouillon, mais c’est nous ».
On comprend maintenant mieux pourquoi Danyl fait déjà son premier Zénith de Paris le 19 novembre prochain. Honnêtement si on pouvait, on y serait.
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Crédit photos : Emma Shindo
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