On a écouté : « Paris Tristesse » de Pierre Lapointe

Ce n’est pas chose facile que d’entamer une chronique sur le dernier album de Pierre Lapointe. Comment parler d’un album de chanson « française » en piano-voix ? Comment parler de chansons qu’on adule déjà autant et dont on ne peut parler qu’avec subjectivité ? Trouver la façon d’aborder un opus qui, pour certains pourrait sembler trop épuré, déjà vu-déjà fait, vieillot ? On a donc décidé simplement de partir sur une série de louanges, comme ça, parce qu’on a envie, pour finir de vous persuader.

Pierre Lapointe est un musicien talentueux. Chose plutôt rare de nos jours, le Québécois écrit et compose toutes ses chansons. Quand on entend le résultat final on se dit « putain c’est bon ça ! ». Surtout que ses séries d’accords et petites mélodies ont un côté rétro naïf allié à une candeur et une franchise sincères. Simplicité, efficacité, modernité.

Pierre Lapointe a tout compris. Pourquoi faire des milliers d’arrangements, d’innovations sonores, d’effets, de samples sur samples, quand un piano, une voix, et des beaux textes suffisent à séduire tout-le-monde ? Les Canadiens l’ont compris depuis des années en classant Pierre Lapointe comme trésor provincial à chérir et préserver. On les comprend.

Pierre Lapointe joue la carte de la tristesse à fond. Et ça marche. Beh oui, facile, qui n’a jamais été triste ? Autant y aller à fond, jouer le jeu jusqu’au bout. Assumer que cet album n’est absolument pas gai, qu’il est triste dès le titre, dans les titres mêmes (« Tu es seul et resteras seul » dans ta face) et que l’on sait dès lors à quoi s’attendre. Pas de niaiseries, non, juste de la tristesse, te voilà prévenu(e).

Pierre Lapointe parle d’amour comme personne. C’est parfois cru dans « Quelques gouttes de sang » (« Et le soleil se lèvera sur un autre jour sans toi / Et ce soir je me branlerai encore en pensant à toi ») , éploré dans « Nu devant moi » (« Promis je ne te dirai pas je t’aime / Laisse-moi dormir nu dans tes bras / Les amours séparés se retrouvent quelque fois »), pragmatique dans « Je déteste ma vie » (« Je déteste ma vie / C’est long ma vie sans toi / Je sais trop que ma place est dans tes bras ») ou docile dans « S’il te plaît » (« Plus personne n’ose dire je t’aime / Moi je te le dirai sans peine / Le temps d’une nuit / Comme si c’était pour toute la vie /  Je t’offrirai mon cœur / Sans peine et sans pudeur »). Tu t’y retrouves forcément (for-cé-ment), et quand tu t’en rends compte, ton cœur se fendille tout doucement (même si  1/4 des chansons de cet album ne sont que des reprises d’anciens albums).

Pierre Lapointe est un personnage/homme attachant. Mystérieux et pince sans rire. Il a beau clamer qu’il ne parle pas de lui dans ses chansons, on se dit qu’il y en a forcément une voire deux choses qu’il a pompées de son expérience personnelle. Il est une sorte de troubadour des temps modernes, venant conter des histoires aux Cours européennes et américaines, entre deux blaguounettes.

Pierre Lapointe sait reprendre les classiques avec grande classe. Il leur rend parfaitement hommage et conservant la structure, tout en apportant sa fine touche. On se laisse porter sur les montées « C’est Extra« , on réécoute attentivement les sublimes paroles de « Comme ils disent« , puis on se dit que finalement c’est possible de reprendre du Barbara sans se louper (« Mal de Vivre« ). Essaye pour voir, tu verras que ce n’est pas chose aisée.

Conclusion. Pierre Lapointe est  un génie. (ouais ouais)

L’album est à écouter par là sur Deezer : http://www.deezer.com/album/9070519

Pierre Lapointe sera au Trianon le 10 février, au Rocher de Palmer le 12 février et à l’Avant-Scène Théatre de Colombes le  27 mai.

pierre lapointe

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