On a lu : « Last Man » (éd. Casterman)

J’ai succombé. C’est fait. Entièrement en plus, pas à moitié. Je me suis enfilée tout ce qui a été publié sur Last Man, le Fauve d’Or de la meilleure série 2015, par Balak, Sanlaville et Vivès. Vivès vous le connaissez surement déjà, c’est cet espèce de surdoué des trais et de l’encre, ce maestro du mouvement inanimé sur papier. Ce qui est un concept incroyable en soi. Les deux autres compères sont moins BHLisés mais pas moins talentueux, puisque le trio s’est formé aux Gobelins en école d’animation. Bref, un trio de folaïy pour une série franchement époustouflante.

(c) Delitoon
(c) Delitoon

Pour ne pas vous mentir, ça fait longtemps que je vois ces couvertures typées mangas dans les libraires et bibliothèques. Mais à première vue (et malheureusement ça compte beaucoup) je n’avais pas franchement envie de les lire. Je me disais, encore un truc pseudo japonais, avec des nénettes aux gros lolos et des mecs bodybuildés qui se fight. Dans le fond, je n’avais pas tort, puisque l’histoire part du quotidien d’Adrian qui vit seul avec sa maman, un petit garçon blond et mignon comme tout, qui se fait mettre la pâtée par un de ses camarades lors d’un entraînement d’un  combat spécial dans une Vallée paisible, un tantinet moyenâgeuse. Le lecteur débarque alors que le grand tournoi annuel de combat (sorte de catch-sumo magique) embrase le royaume. Malheureusement, pour y participer il faut être deux, et le compagnon d’Adrian est tombé malade, à son grand désespoir. Va alors débarquer comme par magie, Richard Aldana, grand gaillard charismatique, sorti de nul part, qui lui propose spontanément (hum hum) de faire équipe avec lui. Bien sur, il s’avère être un très bon combattant, bien que très expéditif, alors que dans la Cité, on est plus amateurs de pouvoirs et d’invocations aux éléments et confrontations dans le respect de l’art.

Bref, comme on s’en doute à 3km, le duo va très bien fonctionner, Richard étant un bon combattant (ah oui ? Coïncidence ? Je ne crois pas). Sauf que (puisqu’il y a toujours un sauf que), beaucoup de confusion règne quant aux origines et aux intentions de ce fameux Richard, malgré son charisme indéniable (en témoigne Marianne, la canonissime maman d’Adrian, qui elle aussi va capituler corps et âme). J’aimerais bien vous en raconter plus – car là on a juste vu le premier tiers du premier tome – mais ça serait vraiment vous spoiler la face. En revanche ce que je peux vous dire, c’est que chaque tome apporte son lot d’aventures et d’intrigues toujours aussi surprenantes. On passe de mondes en ambiances opposés, on rencontre des personnages de tous les milieux, des flics ripoux à moto, un gentil proxénète, des filles de joie, des mafieux sans scrupules, une diva rongée par le milieu, des boxeurs mutants, des juges corrompus, des dieux chevaliers, des hommes-machines vengeurs, des peuples oubliés et bien sur des méchants prêts à tout pour obtenir ce qu’ils veulent. Ce qu’ils veulent ? Quitter leurs mondes de merde pour accéder à la Vallée, terre idéalisée dont l’accès caché est protégé, et dont personne – à part Adrian, sa maman, et Richard – ne connaît l’accès.

On vous laisse trouver le lien entre ces trois personnes. (c) Delitoon
On vous laisse trouver le lien entre ces trois personnes.
(c) Delitoon

Voilà pour faire simple. Ça à l’air compliqué comme ça, mais ça ne l’est absolument pas. Last Man est une série hautement addictive. Une série qui d’apparence légère parvient à nous embarquer aussi bien dans une mégalopole à la dérive que dans une cité moyenâgeuse parallèle. Bien sur il y a un certains nombres de bastons puisque cela fait partie du scénario, mais je vous assure, qu’elles sont très bien amenées et contextualisées (n’oublions pas qu’on a gardé l’esprit manga, mais que ce n’est absolument pas du manga). Il y a un peu de n’importe nawak aussi, mais honnêtement il passe crême. Que vous dire d’autre ? Il y a de multiples intrigues qui passent soit en coup de vent, soit qui traversent plusieurs tomes, voire toute la série, qui je le rappelle est toujours en cours. On est toujours sur notre faim. Une faim grandissante à chaque fois que l’on tourne les pages. On passe de l’attendrissement, à la peur, aux rires, en passant par de l’excitation quasiment constante. Franchement, le cœur n’est pas épargné par ces scénarios de fous. Et par dessus-tout, on a les dessins noirs et blancs, assez parfaits de Vivès et Sanlaville, qui collent parfaitement à cette épopée hybride.

Et vous savez quoi ? Vous pouvez la lire en ligne avant sa publication en recueil, puisque les chapitres sont mis en ligne au fur et à mesure de leur création sur Delitoon. C’est pas génial ça ? Ce qui ne nous empêchera pas de nous ruer sur la version papier (coll. « KSTR », éd. Casterman). À lire et à relire.

Pour lire Last Man, clique par là !

Et pour voir le making-off what the fuck en 4 parties :

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Une pensée sur “On a lu : « Last Man » (éd. Casterman)

  • 21 février 2015 à 11 h 32 min
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    J’adore Lastman, c’est une de mes série favorite et je suis bien contente que ce sixième tome ai reçu un prix à Angoulême. Ta critique est sympa comme tout 🙂

  • 21 février 2015 à 11 h 56 min
    Permalink

    Je suis bien d’accord avec toi ! Récompense largement méritée 🙂

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