On y était : Klô Pelgag au Trianon

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Ça faisait un boutte qu’on n’avait pas fait un tour au Québec. Heureusement Klô Pelgag est venue combler ce vide mortel en nous, pour une date exceptionnelle et revigorante au Trianon.

Première partie par le fameux Nicolas Jules. On dit « fameux » car on a déjà entendu son nom lors de discussions. Apparence d’un Johnny qui aurait mêlé ses gênes avec Michel Houellebecq sur la route 66. Et vas-y que ça blague, que ça vanne le public, et que ça se fait passer pour une rockstar aux Stéïtses (States en français, t’as compris?)… Mine de rien on n’arrête pas de rire entre deux jolies chansons en français, interprétées sobrement à la guitare électrique, dirigées par ce ton grave et rauque caractéristiques de cet artiste qu’on retournera voir à L.A. avec grand plaisir. Oh yeah.

Après l’arrivée de Klô sur scène, sortie du public tel un petit lutin malin vêtue de sa tenue habituelle (combinaison squelette et petit bonnet vert de Peter Pan), on s’intéresse à la scène, bien chargée. Piano à queue et guirlande de loupiottes au centre avec fauteuil roulant en guise de banc de piano classique. Autour, en demi-cercle, un violoncelle, un alto, un violon, une batterie, des claviers (la seule touche électronique), et une contrebasse (de gauche à droite). Les musiciennes portent des robes blanches romantiques, tandis que les musiciens préfèrent les shorts de cyclistes en lycra. Toute la troupe porte un chapeau : oui, le bonnet de bain est un chapeau… Le tout, très sérieux, produit un son plein, très harmonieux, jouant sur les dissonances, parfois accompagné par la guitare électrique de Klô, postée en alternance derrière son piano, ou à droite de la scène, sur un trampoline derrière deux petites ampoules. Jusque là tout est normal.

Petit entracte comique, tel un numéro de magie absurde des années 1930, parties instrumentales inquiétantes façon bal de la maison hantée de Disney et monologues fantastiques viennent rompre la bulle extravagante dans laquelle Klô nous laisse planer à ses côtés. Une jolie mélodie au piano-voix, puis une anecdote insensée sur son expérience au Père Lachaise avec une tresse en feu. Une chanson tout en pizzs dirigée par le timbre soprano ultra limpide de Klô suivie d’un monologue saugrenu entre euphorie et égarement. Ainsi va le concert qui voit tous les titres de l’excellent premier album L’Alchimie des monstres revisités. Un concert enchanteur, où tu en as plein les oreilles et plein la vue aussi. Merci Klô pour cette parenthèse poétiquement décalée.

Setlist : … / Les Corbeaux / Le Dermatologue / Le Tronc / Tunnel / Nicaragua / Le Silence épouvantail / Le Soleil incontinent / Pégase / Taxidermie / Comme des rames / La Fièvre des fleurs /  Rayon X / Bis : Les Maladies de cœur / Tremblements /  Bisbis : La Neige tombe sans se faire mal

Texte : Emma Shindo | Photos : Sabine Bouchoul

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