Busty and The Bass : « Faire de la musique, boire et traîner ensemble »

INTERVIEW – On nous avait dit de ne surtout pas les rater. Forcément on était là, pour leur premier concert en France, le temps d’un set de feu sur la place des Invalides, à quelques pas de l’ambassade du Canada. Rencontre avec Eric Haynes et Julian Trivers de Busty and The Bass.

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C’est LES nouveaux phénomènes Canadiens. Ils sont 9, et viennent des États-Unis et du Canada. Leur point en commun ? Des études à l’Université McGill de Montréal. Quelques jams plus tard, et Busty and The Bass est né. S’en suit des concerts un peu partout, un prix du meilleur groupe universitaire en partenariat avec CBC Music et une signature chez Indica Records (Half Moon Run, Franklin Electric, Foreign Diplomats…). Un groupe à l’énergie redoutable, et un style indescriptible, du rap au hip-hop en passant par le jazz et l’électro. On a retrouvé Julian et Eric à la fin de leur concert, bières à la main, pour une interview premières fois.

busty and the bass

Rocknfool : Premier souvenir musical du groupe ?
Julian : J’ai rencontré le guitariste de Busty and The Bass lors de notre première semaine à McGill). Il m’avait dit : « viens on va faire de la musique, mon salon peut servir de salle de répétition ». J’y ai installé ma batterie, et à un moment on a commencé à jammer, à jouer dans des soirées, et à traîner ensemble de plus en plus. Puis après quelques semaines, on jammait quasiment tout le temps. À la fin de l’année c’est devenu un projet plus sérieux, on a commencé à écrire des chansons… En gros, Louis notre guitariste nous a permis d’avoir un lieu pour faire de la musique, boire et traîner ensemble…
Eric : Et c’est à peu près tout ce qu’on fait ! (rires)

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Julian Trivers of Busty and the Bass - Festival d'été de Québec 2016
Julian Trivers of Busty and the Bass – Festival d’été de Québec 2016 (c) Emma Shindo

Premier souvenir musical personnel ?
Eric : Je voulais vraiment jouer de batterie quand j’étais petit, mais mes parents n’ont pas voulu car ça aurait fait trop de bruit. J’imagine que c’est une bonne chose, sinon Julian aurait eu de la compétition !
Julian : Sans blague ! (rires). J’ai été plutôt chanceux car mes parents sont musiciens, et ils m’ont autorisé à être batteur dès 3 ou 4 ans… j’ai eu ma première batterie à 4 ans ! Je doublais les parties de batterie sur disque et je faisais beaucoup de bruit !

Premier concert où vous êtes allés ?
Julian : Massive Attack je crois ! J’y suis allé quand j’étais vraiment petit, c’était super. C’est un de mes groupes favoris. On a joué à Bristol il n’y a pas longtemps et c’est de cette ville là qu’ils viennent…
Eric : Quand j’étais petit, mon père m’a emmené à un concert de musique classique pour Pierre et le Loup, et j’ai trouvé que c’était tellement cool d’être sur scène et de jouer en même temps, peu importe le style de musique… J’ai commencé par apprendre le piano classique puis j’ai fait du jazz, et maintenant je suis avec Busty qui n’a pas de genre précis, c’est un gros mélange de plein de styles. Depuis que je suis petit je trouve que se retrouver sur scène et jouer avec d’autres personnes est la chose la plus incroyable au monde, je suis tellement chanceux de pouvoir moi aussi le faire maintenant.

Premier album que vous avez acheté ?
Julian : Vous connaissez le groupe Korn ? J’ai absolument craqué pour leur album Follow The Leader, je faisais écouter cet album à toute ma famille, je les rassemblais tous pour qu’ils l’écoutent. Ma vie a changé quand j’ai entendu pour la première fois cet album. Il est fou !
Eric : C’est dur de s’en souvenir… Je pense que c’était Toxicity de System Of A Down…
Julian : Yeah !
Eric : J’étais au lycée et j’essayais encore de trouver mes repères. Pas que je les ai trouvés… Mais System Of A Down a vraiment aidé ! (rires)

Première chanson que vous avez écrite ?
Julian : Il me semble que la première chanson qu’on a écrit est « Tryna Find Myself »…
Eric : Oui c’est bien celle-ci. On a vraiment un processus d’écriture assez unique car ce n’est que de la collaboration. On travaille tous ensemble sur une chanson. Pour « Tryna Find Myself » c’est Milo et Scott qui ont commencé à travailler dessus, puis tout le monde a proposé des idées, et travaillé sur l’arrangement… C’est aussi la première chanson pour laquelle on a réalisé une vidéo. Cette chanson a été l’élément déclencheur pour Busty and The Bass.
Julian : J’étais à Los Angeles à cette époque là, et les gars travaillaient dessus à New York. On avait un concert le soir même, et j’arrivais par avion. Ils m’ont envoyé un fichier audio démo de cette chanson, et je devais apprendre ma partie à partir de cette version de garage band. C’était un rythme de batterie un peu stupide, un clavier qui sonnait mal… on l’a répétée l’après-midi, jouée le soir même… et ma partie n’a pas vraiment changé depuis ce moment-là !  (sourire) Même jusqu’à l’album, elle n’a quasiment jamais bougé. C’est toujours l’une de nos plus grandes chansons d’ailleurs, on termine nos concerts avec.

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Premier petit boulot ?
Julian : J’ai été chanceux, car je faisais partie d’un jazz band au lycée. J’avais des concerts quasiment toutes les semaines, dans des restaurants, pour des cocktails… Et j’ai pu faire ça pendant tout mon lycée… C’était ça mon premier boulot.
Eric : J’ai fait aussi pas mal de concerts de jazz au lycée. Mais après avoir fait ma première année d’université à Montréal, je suis revenu à Calgary et j’ai passé mon premier été à vendre des pianos Steinway. C’était marrant car je pouvais faire des démonstrations de piano pour que les gens puissent se rendre compte de quelle sorte d’instrument ils avaient besoin. C’était aussi un peu stressant… Je suis vraiment content de pouvoir faire de la musique maintenant, plutôt que de la vente !
Julian : Tu m’étonnes ! Après ma première année d’université, j’ai eu la chance de travailler dans un studio à Los Angeles. Pour résumer c’était chiller et servir du café aux artistes et aux professionnels. Et observer tout ce qu’il s’y passait. Mon boss était très pro’,  et tout plein de personnes venaient lui rendre visite…
Eric : Qui venait par exemple ?
Julian : Daft Punk, Randy Jackson… C’était vraiment intéressant de voir comment tout cela se tramait. J’ai beaucoup appris sur le comportement à adopter pendant une session en studio…

Du coup votre premier studio ?
Eric : On a plutôt de la chance, car là où s’est rencontrés, à l’Université, il y a aussi un programme d’ingénieur du son. Ils sont toujours en quête de groupe qui souhaitent enregistrer de la musique, gratuitement. Ce n’est pas toujours bien fait, mais c’est notre première expérience de studio tous ensemble.
Julian : Ils voulaient vraiment qu’on enregistre avec eux, car cela fait partie de leur formation de s’entraîner avec des groupes. Donc on a dit ok, que l’on travaillait sur quelques reprises… on n’avait pas encore écrit nos propres compos à ce moment-là. On y est allés quand même, on a joué du Otis Redding et des standards de jazz…
Eric : Et on a jammé… C’était pas mal, car personnellement je ne savais pas comment fonctionnait un studio. Ça nous a permis de commencer à apprendre.
Julian : Enregistrer c’est tellement différent du live… pour un batteur notamment, la façon dont du amplifies certains éléments, la façon dont tu branches la batterie etc. J’ai beaucoup appris car ce que je fais en live serait catastrophique en version studio.
Eric : Ça a été un peu difficile car on a commencé comme un groupe de live. Il nous a fallu un peu de temps pour passer à une mentalité studio.

Eric Haynes of Busty and the Bass - Festival d'été de Québec 2016
Eric Haynes of Busty and the Bass – Festival d’été de Québec 2016 (c) Emma Shindo

Premier concert ?
Eric : C’est celui que Julian a mentionné avant. C’était une fête à Montréal où on était tous saouls et où on a jammé. On était tous compressés les uns contre les autres, il faisait très chaud, mais on s’est tellement amusés !

Première chose que vous faites quand vous montez sur scène ?
Julian : Je me prépare mentalement, car je veux visualiser ce qui m’attend, ou au moins essayer d’imaginer ce que se sera une fois sur scène. Sinon je vais avoir la surprise, et je risque d’être nerveux. C’est effrayant de monter sur scène sans savoir ce qui t’attend, tu vois tout un public te fixer… il faut vraiment être prêt mentalement ! Tu respires un bon coup, et puis tu y vas.
Eric : Pour ma part j’essaie de vérifier que tous mes claviers sont bien branchés, allumés, et qu’ils fonctionnent ! Je fais en sorte qu’aucun problème technique ne puisse m’arriver. Plus tu peux te concentrer sur la musique, mieux c’est.

Première chose que vous faites en sortant de scène ?
Julian : Boire une bière !
Eric : Santé ! (sortant tout juste de scène, les deux ont un verre de bière à la main ndlr)
Julian : On se serre tous dans les bras, c’est une grande famille. On est très heureux, plutôt excitée, il y a souvent beaucoup d’énergie et d’effusion à la fin, surtout si le concert s’est bien passé.

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Première fois en France ?
Eric : C’est ma première fois en France là ! C’est surtout notre première tournée en dehors de l’Amérique du nord. C’est incroyable d’être ici. Aujourd’hui était ma première journée entière à Paris, on est arrivés hier soir, et c’était tellement cool ! J’aime beaucoup Paris.
Julian : C’est superbe. On est allés se balader en bord de Seine, et on a essayé d’aller d’un pont à l’autre, sauf qu’un gros bateau est passé, il a fait de grandes vagues, on a eu les pieds trempés ! (cette interview a eu lieu peu de temps après la grande crue de la Seine ndlr) C’était dangereux, ça ne sentait pas bon, mais c’était magnifique !
Eric : Il y avait même un énorme poisson sur le bord, il n’avait pas l’air sympa.
Julian : C’est la plus belle ville au monde, on a beaucoup de chance d’être ici.

Merci à Eric & Julian.

Propos recueillis par Sabine Bouchoul et Emma Shindo (21 juin 2016, Paris).

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