7 Layers Festival : des claques, des larmes et des merveilles

LIVE REPORT – Rocknfool est à Amsterdam pour le Festival 7 Layers. Un festival très intimiste qu’on te raconte entre deux crises de larmes.

Évacuons tout de suite un point avant de se concentrer sur le plus important, à savoir la musique. Niveau organisation, le 7 Layers, c’est un peu du freestyle. France, je ne dirai plus jamais rien contre ta façon particulière de t’organiser. Niveau cohérence, tu es dans la partie haute du tableau.

Cela étant dit, parlons musique. 7 Layers se déroule sur tout un week-end, dans divers lieux d’Amsterdam : le Paradiso, déjà, salle mythique de la ville, aussi belle que grandiose et d’autres endroits, telles que de magnifiques églises. C’est dans la « petite salle du Paradiso » que les festivités commencent avec Toby Johnson. Il est seul avec sa guitare et présente quelques unes de ses chansons dans cette formule. Quand on l’aperçoit, il ne ressemble pas à grand chose. Look normcore, lunettes sur les yeux, mais dès qu’il ouvre la bouche, un petit miracle passe et la beauté de la musique folk aux multiples vibes prend possession de la salle. Si tu aimes Grant Lee Philipps, tu vas forcément tomber sous le charme de Toby Johnson.

Tu as sûrement déjà entendu Elias dans une pub pour voiture. Mais ne te fie pas à cela. L’artiste, bien qu’habitué à des sets plus électroniques, est cet après-midi seulement accompagné d’une pianiste, dans ce lieu impressionnant qu’est l’église De Druif. Il avoue que c’est la toute première fois qu’il joue ses morceaux en version « down ». Et qu’on est heureuses d’y assister ici. Il fait virevolter ses mains tout autant que sa voix. Cette voix, profonde et caverneuse, s’envole souvent vers une intensité à faire frissonner jusqu’aux cimes de l’église. Il est la première claque de cette journée. Celui qu’il faudra retourner découvrir avec tous les artifices qui ne sauraient cacher l’étendue d’une voix qui semble sans limite.

Justin est mort, vive Dustin. J’avais ce jeu de mot dans la tête tout le samedi. Justin, pour Vernon, Dustin pour Tebbutt. La musique de l’Anglais est bien entendu très inspirée de celle de Bon Iver, mais vu que ce dernier est parti sur le terrain miné des expérimentations qui font mal aux crânes, retrouver la simplicité d’un falsetto accompagné de quelques nappes électroniques et une ligne d’arpèges délicats suffisent à nous embarquer loin, très loin. Et se dire, merde, Dustin fait exactement ce que Justin faisait et ce qu’on aimerait bien qu’il fasse à nouveau.

Isaac Gracie était sans aucun doute celui qu’on attendait. Peut-être même celui qui motivait le voyage entier. On fredonnait ses chansons depuis son arrivée. On filait en vitesse le trouver dans la grande et magnifique salle du Paradiso. Avec un peu, tout de même, cette peur de trop en attendre. Accompagné d’un simple bassiste, il a levé tous les doutes et a confirmé l’évidence : il est de ces artistes immenses qui captiveront les plus grandes audiences. Il est aussi de ceux qui savent créer l’intimité, te faire dresser les poils sur les bras, te faire verser des larmes de beauté, te tordre la gorge et les tripes. Avec le parfait combo guitare électrique/basse, toute place a été laissée à la sublime voix du jeune chanteur. De « All The Burning Lovers » à « Home Is Where My Heart Is », on a succombé à chaque titre, pour finir, on l’avoue, en pleurs sur « Reverie ». Alors il te faudra te méfier de son look un peu Hanson des années 1990. Il faudra aussi te méfier de sa jeunesse incroyable et de ses innocentes hésitations entre les chansons. Isaac Gracie est le nouvel Hozier. En encore plus grand.

Isaac Gracie a mis la barre tellement haute qu’on aurait pu finir sur cette note. Rentrer chez soi, sur ce concert dont les superlatifs manquent pour décrire la beauté du concert. Mais il y avait Charlie Cunningham en conclusion de cette première journée. Dans une église. En solo. Une acoustique parfaite, un silence religieux – vu l’endroit, c’est logique. Un cadre parfait pour se laisser bercer par les accents andalous du folk du Britannique. Lecteurs de Rocknfool, tu sais ce que donne la musique de Charlie Cunningham. Dis-toi que dans cette magnifique église d’Amsterdam, les émotions sont décuplées. La faute à cette acoustique parfaite que seules les églises possèdent.

Textes et photos : Sabine Bouchoul & Morgane Milesi

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