Pomme, un premier album aux douces senteurs d’automne

CHRONIQUE – En suivant de près son brillant parcours de salles en scènes, c’est avec une sincère impatience qu’on attendait la sortie du premier album de Pomme. Chose faite aujourd’hui avec À peu près, qui fait du bien à nos oreilles.

Après un premier EP, En cavale, sorti en janvier 2016 et quelques titres dévoilés depuis, Pomme, pas méconnue de nos oreilles, sort aujourd’hui son premier album. En 13 titres, À peu près est un doux périple entre folk, pop et chanson française qui ne laisse personne indifférent.

Habitués aux versions guitare-voix de Pomme en concert et à l’orchestration épurée du premier EP, nous étions secrètement inquiets de ce qu’allait être cette nouvelle étape. À l’écoute d’À peu près, nos craintes se sont immédiatement estompées pour ne faire plus place qu’à une certaine admiration pour ces arrangements certes différents de ce qu’on avait pu entendre, mais toujours signés de cette douceur lyrique caractéristique de la jeune femme.

Pomme - À peu près

 

13 titres, 13 pépites

Douceur et lyrisme, mais aussi intensité et musicalité, voilà ce qui caractérise le 13 titres. Bien entourée dans cette aventure, Pomme a partagé la composition et l’écriture de certaines chansons : Ben Mazué pour « Même robe qu’hier », Jean Felzine pour « Pauline », Don Cavalli pour « A Lonely One ». Mais pour cet album, elle s’est elle aussi attelée au travail de l’auteur-compositeur-interprète avec, par exemple, la perle « On brûlera » ou l’intense « La Lavande ».

L’album s’ouvre sur le titre éponyme, « À peu près », et ses envolées de voix, en chœur – qui ne sont pas sans nous rappeler l’harmonie de « J’suis pas dupe ». S’ensuivent quelques titres-surprises comme notamment « A Lonely One », comptine épurée au clavier-voix, composée – c’est une première ! – en anglais, ou la belle « Adieu mon homme » qui se rapproche des traditionnels chants de marins. Certains titres, au contraire, nous paraissent avoir un peu trop misé sur la reverb’, la voix est légèrement dénaturée et le rendu est trop pop-radio à notre goût (« De là-haut » et « À peu près »). Mais « Ceux qui rêvent » est là pour nous rassurer, avec son phrasé digne de Barbara, et sa composition au piano et contre-chant de cuivre, on y retrouve l’élégance du classique. Au fil de l’insomnie, le doux piano-voix se transforme en course-poursuite symphonique, la nuit promet d’être agitée.

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« Pauline », rare chanson plus légère dans sa musicalité – mais qui raconte quand même l’histoire d’une relation de jalousie-domination – est un évident clin d’œil à la « Jolene » chantée par Dolly Parton. Mention toute particulière à « On brûlera », qui nous avait retournés lors des concerts à la Boule Noire en septembre dernier. Une voix grave, un léger vibrato, des paroles lourdes de sens et de revendications, le titre mi-amoureux mi-mélancolique touche juste. Enfin, c’est « De quoi te plaire », qui tourne déjà depuis quelques temps dans les salles de concert, qui clôt l’album. Et cet album a en effet fortement de quoi te plaire.

Visuel léché

C’est l’artiste photographe et vidéaste Marta Bevacqua qui a pris en main toute l’imagerie qui accompagne la sortie de ce premier album. Une pochette en brun et blanc d’une Pomme qui se fait terrain de jeu pour la faune et flore des sous-bois. Deux coléoptères vert brillant lui escaladent les joues, soulignant le goût du simple, de l’épuré et de la solitude, bien présent au fil des chansons.

Pour annoncer la sortie de l’album, plusieurs vidéos ont été mises en ligne, toutes réalisées par l’artiste d’origine italienne. Pour « De là-haut » ce sont des marguerites qui recouvrent le visage de Pomme, pour « A Lonely One » c’est un plastron feuillu et fleuri qui l’habille, pour « On brûlera », ce sont des escargots qui lui grimpent dessus, enfin, pour « Pauline » c’est un cornet de fleurs séchées que dévore une Pomme espiègle. Filmée en buste, et en plan fixe, Pomme se meut au ralenti tantôt lançant un regard d’une rare intensité face caméra, le visage fermé, tantôt souriant et s’amusant de ce qui se passe hors champ.
Ces vidéos ont la force des sirènes, captivant et envoûtant par leur musicalité et leur beauté surprenante.

Pour saisir toute l’étendue du pouvoir d’envoûtement de Pomme, c’est en concert qu’il faut l’écouter. Et ça tombe plutôt bien, la tournée est lancée ! Elle sera en concert le 14 novembre à Rouen, le 1er décembre à Nantes avec Juliette Armanet, le 17 décembre à Lyon avec Tim Dup et en première partie de la tournée d’Asaf Avidan tout le mois de novembre.

À peu près, 1er album de Pomme, sorti le 6 octobre 2017 chez Universal Music/Polydor.

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