Hollydays ou le spleen pop parisien

CHRONIQUE – « L’Odeur des joints » le nouvel EP du duo pop électro parisien Hollydays est la belle réussite de ce début d’année.

La première fois que j’ai entendu Hollydays, c’était pour les iNouïs du Printemps de Bourge. Ce soir-là, il y avait du beau monde avec eux, de Clara Luciani à Palatine en passant par Alma Forrer et Lucas Gabriel. Je me souviens que j’étais passée à côté de leur performance. Leurs chansons manquaient de profondeur à mon goût. Pourtant ça fait un baille que Hollydays est dans le « business » comme on dit. C’est en 2014 que le duo composé d’Elise et de Sébastien sortent en indé leur premier EP, intitulé Des animaux. On y avait remarqué leur reprise originale de « Bahia » de Véronique Sanson.

Mélancolie hantée

Un an après, après avoir signés avec Polydor les Parisiens sortaient Les Insatisfaits, un nouvel EP, qui prémisse à L’Odeur des joints, objet de notre chronique du jour. Reçu dans ma boîte aux lettres il y a plusieurs semaines de ça, je me souviens avoir écouté L’Odeur des joints d’une traite. Fait rare pour être souligné. Je réécoutais même « Je bois », plusieurs fois d’affilée. Dernier titre de l’EP, « Je bois » est une apathique et sensible ballade en piano-voix. Quelques subtiles agréments électroniques qui nous plongent dans une douce torpeur, amorphe, effondré sur nos banquette de troquet, la main entourant encore notre fond de bourbon, réchauffé. Comme son titre l’indique, « Je bois » parle d’ivresse : « je bois, je mens, je bois, je dors, j’abois dehors, je bois encore » chante Elise. C’est extrêmement beau, sans nul doute ma chanson préférée de l’EP.

Les trois autres chansons présentes sur cet EP sont plus allantes. Attention, allantes certes, mais mélancoliques à souhait. On aime le travail sur les sons dans les paroles répétitives et percussives de « L’Odeur des joints » titre éponyme du CD, et la séquence instrumentale électronique intense et désenchantées qui clôt la chanson. Il y a « Léo » aussi. Le premier extrait de l’EP, avec son refrain hanté aux sonorités électroniques orientales qui reste bien en tête, ainsi que « On a déjà » et son synthé cadencé, le titre le plus « enjoué » de l’EP.

C’est donc avec un nouvel EP convaincant et cohérent que Hollydays parvient à nous faire sombrer en un claquement de doigt dans les méandres de leur spleen pop parisien.

En concert le 13 février au Point Éphémère et le 14 février en première partie de Pierre Lapointe à la Cigale. 

Photo : ©Hervé Lassïnce

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