Albin Lee Meldau suit sa route sur son second EP, Bloodshot

CHRONIQUE – En plein mois de juillet, Albin Lee Meldau a sorti son 2e EP. Loin, loin de l’ambiance solaire de l’été.

Sortir des disques au milieu de la période estivale est un pari risqué. C’est que je ne pouvais décemment pas commenter Bloodshot, second EP d’Albin Lee Meldau, avec de la crème solaire sur le dos et les mains pleines de sable. Certaines choses ne se font pas, d’où cette chronique qui n’arrive qu’une semaine après la sortie officielle des 5 nouveaux titres du garçon. De quoi me laisser le temps d’analyser tout cela.

Lovers l’an dernier marquait les débuts d’Albin Lee Meldau sur support physique. Celui dont on ne connaissait que de multiples sessions sortait alors 4 titres et une démo pour dévoiler sa voix au monde entier. J’avais été séduite, forcément, car rien ne peut vraiment gâcher une voix si incroyable. Mais j’avais été frileuse aussi à l’idée de la suite. Un peu. Les choix de production, d’habillage, d’arrangements aperçus me laissaient un peu perplexe. Aujourd’hui, avec ce second EP, Albin Lee Meldau prend le même chemin. Et je ne cesse d’être perplexe.

Même recette, même résultat

Le format de Bloodshot est le même que son prédécesseur. 4 titres, 1 démo. Des chansons déjà entendues ou découvertes en live ou en sessions. Et d’autres surprises. Bref, on y entre comme on était entré dans Lovers : prêt à en savoir plus. Et avec « Mayfly », l’EP commençait plutôt bien. Toujours ces chansons d’amour, toujours cette voix aux circonvolutions qui nous tourmentent, et quelques accompagnements bien sentis. La suite se complique avec la réussie mais peu intéressante « Persistence » et la maintenant plus que familière « Bloodshot ». Noyés sous des arrangements inutiles et jamais justes émotionnellement, ces titres débordent. Trop dramatiques, trop mainstream, trop produits. « One Man Band » évite, de justesse, ce résultat, en redonnant un semblant de priorité à la voix d’Albin.

Mais le salut provient, comme sur Lovers sûrement, de la démo finale. « Whitney » revient à la simplicité, à l’élégance, à la beauté. À l’honnêteté de ces nuances qui vous emportent, à la délicatesse de paroles passionnées entonnées avec ce qu’il faut de piano et de chœurs. Et là, c’est à se demander, sincèrement, à quoi joue ici l’artiste. Car on est en droit de douter du devenir de cette chanson, lorsqu’on se rappelle l’évolution de « Bloodshot » entre son statut de démo sur Lovers, et son remaniement ensuite. Alors pourquoi nous laisser voir ce que pourrait être la perfection d’un EP plus acoustique et plus simple, si l’envie n’est finalement que d’ouvrir d’autres voies surproduites ensuite ? Mystère. Albin Lee Meldau, il est peut-être temps de choisir ton camp…

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