The Voice, audition finale : Zazie, on ne se comprend plus…

RÉCAP – Place à une nouvelle étape dans The Voice. Après les auditions à l’aveugle, place à l’audition finale. Et une nouvelle fois, notre coach préférée a déçu.

On change un peu la manière de faire pour cette nouvelle étape de The Voice. Puisqu’il y a du nouveau, et plus de battle mais une audition finale, c’est à tête reposée que je fais cette chronique.

Alors d’abord, qu’est-ce que c’est que cette audition finale ? En fait, c’est l’épreuve ultime des années précédentes qui a de nouveau son intitulé. Les confitures, les vieux pots, tu te rappelles ? Trois talents d’une même équipe opposés, une chanson chacun. Les coachs regardent et choisissent un talent. Les autres peuvent se faire voler où ils rentrent chez eux. « Il faut être le meilleur pour faire la différence », annonce Pascal Obispo. Oulala. Pression. « Des prestations qui vont faire date », balance Nikos Aliagas. J’ai trépigné d’impatience.

J’aime

L’audace de Raffi Arto. Le garçon est un prodige du piano, on va pas se mentir, il est très fort. Et il est audacieux. Il a repris « Umbrella » en français dans une interprétation très TRÈS personnelle, très rockabilly. Ce petit est un ovni, un surdoué peut-être, on ne sait pas, en tout cas, il est surprenant. Et il a fait sortir Renata. Rien que pour ça, j’ai envie de lui dire merci.

La pureté de Maëlle. Quand Morgane m’a dit qu’elle reprenait « Wicked Game », j’ai levé les yeux au ciel. Merde, arrêtons avec cette chanson. Donnez lui de l’espace, laissez la tranquille, ai-je pesté en mon for intérieur. Sauf qu’en réalité, Maëlle a fait ce que peu de personnes font quand il la reprenne : l’amener ailleurs. Cette petite (elle aussi à 16 ans… Non c’est pas The Voice Kids pourtant) est habitée par les mêmes esprits que Lorde. Elle n’est peut être pas encore très bien assurée vocalement, elle ne sait pas encore comment bien placer sa voix, mais elle a des décrochages magnifiques et la capacité à installer une atmosphère aérienne et mystérieuse autour d’elle quand elle chante. Elle poursuit l’aventure. Logique. Florent pique Aurélien qui avait repris « Un Homme Heureux » de William Sheller.

Les harmonies de J.A.T. Alors tu vois, pour moi, c’était les nouvelles L.E.J. Et je déteste L.E.J. Mais quand elles ont repris « Issues », je me suis laissée embarquer doucement, bercée par les jolies harmonies. J’ai même pensé un peu, par instant, aux Destiny’s Child.

Le t-shirt de Pascal Obispo. Sous sa veste, il portait un t-shirt « Love Will Tear Us Apar ». Et tu connais mon amour pour Joy Division, n’est-ce pas ?

J’aime pas

Le classicisme de Rébécca. Je ne comprends pas comment on peut chanter comme en 1990 en 2018. Mais ce n’est que mon avis à moi. Et puis, on ne touche pas à France Gall.

L’intensité, ce n’est pas crier et secouer ses cheveux. Qu’est-ce qui s’est passé dans la tête de Simon Morin (petit coup de cœur des auditions à l’aveugle) ? Parce qu’il chante « Believer », il a décidé de multiplier les headbangs, jouer les hardrockeurs façons Rammstein. Mais pourquoi copain ? C’était too much, comme dans ce film où Tom Cruise joue les rockstars. J’étais mal à l’aise. Et pourtant, je t’aime Simon. Et puis, face à l’ovni Guillaume, il n’avait, de toute manière, en plus aucune chance.

Les candidats « comédie musicale ». Et il y en a un paquet dans The Voice 2018. Francè voulait apporter du dynamisme en chantant « Un Autre monde ». On l’a cherché le dynamisme. C’était aussi plat que les chansons de la comédie « Jésus ». Renata peut très bien chanter dans un Disney. Je la vois bien doubler des personnages comme les souris de Cendrillon. Nicolay Sanson tentait d’imiter Jack Sparrow en chantant « La Bonne Étoile » ? Je cherche encore.

Le massacre de Bachelorette. Je pense que les aigus de Queen Clairie peuvent briser des verres en cristal. Il faudrait faire un test, un jour. Mais je le ferai pas moi-même, ça me ferait mal au cœur de voir de si jolis objets éclater en des millions de petits morceaux. Et puis, s’il vous plait, dans la liste des titres à ne jamais reprendre, peut-on ajouter en plus de « Life On Mars? », « Bachelorette » ? S’il vous plait.

Hors catégorie

Luca, c’est notre coup de cœur absolu de The Voice. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on lui avait demandé de nous concocter une playlist. On passe le storytelling de TF1 et ITV Studio, la coupure pub en pleine prestation pour un pseudo effet de suspense (HEY, c’est pas Game Of Thrones, hein), on veut s’arrêter plus longuement sur son cas à lui. Il chantait « I Put A Spell On You ». Nos réactions : « oh putain », « cette chanson ». Traduction : on ADORE cette chanson. Mais on sait qu’elle est casse-gueule. Hyper casse-gueule. D’ailleurs Luca a raté son départ sur scène, nerveux, il lâche un putain, puis se dirige vers le fond de la scène, prêt à abandonner. Mais il ne l’a pas fait. Il s’est repris, il a habité parfaitement le reste du titre. Après avoir revisionné une deuxième fois la prestation, je crois que c’était la meilleure manière de l’interpréter en fait. Avec le faux départ, le dérapage, avec l’envie de partir, avec le putain, puis avec la rage, l’intensité, la force.

Mika a dit que c’était un petit désastre ce départ, mais qu’il aime les désastres. C’était chaotique, oui, mais c’était rock’n’roll, c’était authentique. C’était même au-dessus des autres. Et on ne comprend pas encore ce qu’il s’est passé dans la tête de Zazie. Pourquoi elle ne l’a pas gardé lui, ce diamant brut. Prends des risques, Madame. Mais cette saison, on ne se comprend plus avec la coach. On avait cette habitude d’être toujours d’accord avec Zazie, les années précédentes. Mais, pour cette édition, on a l’impression de ne plus être du tout sur la même longueur d’onde. On aurait sauvé Luca, parce qu’on sait qu’on aurait traversé des montagnes russes émotionnelles à chaque passage. Et c’est ce que doit provoquer la musique. Des montagnes russes. Non ?

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