Voyou et Valence au Ministère : le meilleur remède pour braver la tempête

LIVE REPORT – Voyou et Valence étaient rassemblés au Ministère pour une soirée pleine d’énergie et de bonne humeur. De quoi braver tous les orages.

Orages sur Montréal ce soir du jeudi 11 juillet. Après plusieurs jours de grosse chaleur, la pluie tombe enfin. On se réfugie avec un grand plaisir au Ministère où Valence et Voyou sont programmés.

Pastèque, banane et poivron vert

C’est le tout premier show montréalais du Québécois Valence et de ses cinq musiciens. Ce tout nouveau projet de Vincent Dufour s’est officialisé il y a quelques mois à peine avec la sortie de son premier EP Cristobal Cartel.  Foulard noué dans les cheveux, le jeune homme a le regard franc et intense lorsqu’il fixe les premiers rangs. Ses musiciens se vitaminent à ses côtés en piochant dans un saladier de pastèque et de bananes disposé sur la scène. Un poivron fera son apparition à la fin du set, avant d’être déchiqueté et partagé au public.

Valence c’est de la pop solaire et fraiche en français, portée par des nappes de synthé aériennes, le tout agrémenté de percées de saxophone lascives et parfois même de flûtes traversières guillerettes. C’est aussi des paroles légères et romantiques de la vie quotidienne chantées avec un timbre de voix haut perché et maîtrisé. C’est enfin des moves sexy de bassins, du tambourin dans une main, de la pastèque dans l’autre et quelques pas de limbo sans bâton.

En plus des titres de son EP, le Québécois et « ses 5 amoureux » viennent chercher le public du Ministère avec une reprise d’Isabelle Pierre (« Le temps est bon »). Deux nouvelles chansons sont ajoutées au set set, « Didi » et « Bruno ». Pour celles et ceux qui l’ont raté, pas d’inquiétudes, Valence sera en concert dans un mois à Montréal, lieu à préciser.

La star de la soirée c’est bien Voyou. La veille au Festival d’été de Québec, Voyou est de retour à Montréal un peu plus d’un an après ses deux concerts aux Francos. Sans musiciens, le Français passe des ses stands à sa guitare, à sa trompette et à son piano.

Son concert démarrer sur des chapeaux de roues, avec un trio efficace « La serre », « Papillon » et « Dehors » qui finit de persuader les derniers réticents à bouger leurs corps sur les boîtes à rythmes chaloupantes et refrains de trompette festifs. « Vous êtes d’une réaction incroyable ! » s’exclame Voyou alors qu’il entend, dès les premières minutes, le public reprendre les paroles avec lui. Comme à son habitude, il frétille sur cette scène qu’il arpente d’un bout à l’autre à petits sauts de cabri. Les paroles des « Trois loubards » semblent elles avoir été écrites ce soir-là (« jamais je n’avais tomber autant de pluie de toute ma vie »). Ce qu’il ne manque pas de nous faire remarquer, blagueur.

« Vous êtes nombreux, j’m’y attendais pas trop ! »

En plus des chansons de son premier album, il nous régale d’anciennes titres, « On s’emmène avec toi » et « La Cour d’école ». « L’avantage de jouer tout seul » comme il nous le rappelle c’est de seulement avoir à lancer ses pistes depuis un clavier où sont collés de petits papiers avec les titres de ses chansons. Le Ministère est plus que réceptif et carrément connaisseur. Le Français ne boude pas sa joie. « Ça fait plaisir de voir qu’il y a des gens qui s’emmènent avec nous à l’autre bout de l’Atlantique ! »

C’est vrai que c’est un accueil de roi que réserve Montréal à Voyou, qui après « On a marché sur la lune » revient pour un rappel piano-voix avec la superbe « Il neige ». Alors que l’artiste comptait sur ce moment pour proposer une séquence romantique, il finit par le tourner en dérision. « J’ai l’impression d’être Patrick Bruel », coupe-t-il en plein milieu de son interprétation, sourire en coin, engendrant dès lors une vague de « Patriiiick » des plus cocasses. C’est sur la fameuse « Tandem » que se clôt ce concert des plus réussis. Un vrai cocktail vitaminé qui rebooste le corps et l’esprit.

Photos : Emma Shindo

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