On a écouté : Primrose Green de Ryley Walker

Mes parents ont l’habitude de dire que je suis née à la mauvaise époque. Rapport sans doute au fait que j’idéalise beaucoup trop les années 60 et 70. Que je n’écoute presque que des chanteurs morts aujourd’hui et que je voue un culte sans égal au folk de ces belles années-là. Je ne suis pas la seule. Merci Ryley Walker de faire, toi aussi, un blocage sur les années 60-70.

ryley walker

Ryley Walker, c’est un songwriter américain (de Chicago) comme on n’en fait plus beaucoup. Tu vois, je pense que si Van Morrisson et Nick Drake avaient eu un fils, ce serait lui. Il joue la guitare comme l’un, a hérité du joli spleen de l’autre. Et comme Mère nature a été généreuse en talent avec lui, elle lui a donné les envolées lyriques de Tim Buckley. Bref, Ryley Walker est un pur produit des grandes années folk né à la mauvaise décennie ce qui ne l’empêche pas de défendre un folk pur et simple et pastoral.

Avec son nouvel album, Primrose Green, il rappelle une maxime simple : pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ? Son album semble être un album oublié des années 60/70 avec ce charme et cette authenticité qu’on n’a plus aujourd’hui. Même l’artwork évoque les albums de Van Morrisson (très Astral Week non?). Dans Primrose Green, il n’y a pas de machines, pas de mélodies alambiquées, rien de too much, il y a Ryley Walker, sa guitare qu’il pique, frappe, gratte. Il y a des arpèges en veux-tu, en voilà. On craque sur les rythmes jazz de Summer Dress ou encore les vocalises du très country Griffith Bucks Blues. On pense très très fort à Tim Buckley sur le magnifique All Kind Of You.

Oui c’est facile, diras-tu. Plein d’autres mecs l’ont déjà fait avant lui, il n’est pas le seul à être atteint du syndrome de retromania et s’il fallait voter pour un revival musical, je vote pour ce folk façon Greenwich Village, façon Ryley Walker. Et guess what, pas besoin de barbes de trois jours, de chemises à carreaux et d’esprits incroyablement torturés pour sortir de sa guitare le plus simple et le plus beau des albums folk. Juste du talent et ne pas avoir peur de convoquer l’esprit des illustres folkeux des sixteens.

Ryley Walker est en concert, ce lundi 27 avril, à l’Espace B (Paris)

 

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