Clément Verzi : « J’ai mis 36 ans à sortir un album »

D’abord troubadour folk de la chanson avec Kid With No Eyes, puis finaliste ovni de The Voice saison 5, Clément Verzi s’est fait un nom dans le paysage musical français grâce à une carrière faite de hauts et de bas. Première partie d’une interview matinale et estivale.

Ça nous a fait tout drôle quand on l’a vu débarquer avec sa moustache et son sourire en coin sur l’impressionnant plateau de The Voice. Derrière nos écrans, on n’en menait pas large, lui, avait l’air plutôt à son aise. Il a assuré comme un chef. Quelques années auparavant, en février 2012, je me souviens encore de la première fois où je l’ai vu sur scène, dans la toute petite salle de La Loge, où m’avait traînée Sabine. J’avais découvert le talentueux Kid With No Eyes, ce projet folk de Clément Verzi. Ça m’a fait encore tout drôle de le retrouver un beau matin d’août, dans un café nord parisien. Casquette Olive & Tom vissée sur la tête, et toujours ce sourire en coin. On tenait beaucoup à discuter avec Clément, après son beau parcours jusqu’à la finale de The Voice : parler de l’émission, bien sûr, mais parler de la suite, surtout.

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Clement Verzi
(c) Emma Shindo

Comment tu en es venu à te dire un beau jour « je vais tenter The Voice » ?
Ça faisait quinze ans que mes proches me disaient « t’en as pas marre de galérer ? Fais des émissions comme ça, des télé-crochets… ». Pendant quinze ans j’ai limite pris ça comme une insulte, car je n’avais pas envie de faire Star Academy, la Nouvelle Star, The Voice, je n’avais pas envie de faire tout ça. Et puis, en mai 2015, j’ai une pote qui m’appelle et qui me dit qu’elle est en train de se faire recruter par The Voice, mais qu’elle a un tout petit timbre et qu’elle n’a pas envie de se faire défoncer par des grosses voix en direct sur TF1. Et elle m’a dit : « mais toi je pense que ça ne te dérangerait pas, donc si tu as envie de faire ça, j’ai le numéro ». J’étais dans une période où je jouais beaucoup dans le métro, je venais de finir la production d’un 5 titres, j’avais arrêté de bosser avec mon producteur, et j’avais déjà 35 ans. Je me suis d’abord dit que j’étais trop vieux pour ce genre de programme, que ça n’allait pas du tout avec mon esthétique… mais j’ai quand même passé le coup de fil.

Tu as eu une sorte de déclic ?
Non, c’était l’inconnu et ça m’amusait. C’était de la curiosité car je ne connaissais pas le monde de la télé, ni le monde de la « musique à la télé ». J’avais un peu suivi le parcours de Guilhem Valayé l’année d’avant qui, je pense, a un peu ouvert la porte à des artistes plus indépendants. C’était plus dans un esprit de laisser-aller, de complet inconnu, j’y allais vraiment sans aucune attente, c’était juste pour le kif.

Pourquoi plus The Voice qu’une autre émission ?
C’était un concours de circonstances de fou ! Je n’y serais jamais allé de moi-même. Comme quand on te propose des vacances dans un endroit où tu n’es jamais allé, comme quand on te propose d’aller voir une pièce de théâtre, ou comme quand on te propose d’émigrer au Canada, je me suis dit pourquoi pas !

Maintenant que tu as suffisamment de recul pour en parler, comment ça s’est passé pour toi ?
Je ne m’étais jamais attelé au répertoire de la chanson française, puisque ça faisait 10-15 ans que je faisais des concerts dans des très belles salles, mais aussi dans des restaurants, dans le métro, mais avec mes propres compos. C’était l’occasion de plonger dans ce répertoire de la chanson qui nous berce tous un peu malgré nous depuis toujours…
Ce qui m’a plu en fait c’est de bosser avec les équipes, car c’est une super prod’, les gens sont très bienveillants, très professionnels, très ouverts, et des musiciens merveilleux. J’étais déjà formé, donc je n’avais plus rien à me prouver, mais simplement à kiffer. C’était que du plaisir, dans le sens où ce sont des chansons que je n’aurais pas chantées autrement. J’y suis allé sans avoir attente, et je crois que ça m’a servi, car j’ai rencontré des gars qui pendant l’émission, avaient eux des choses à se prouver et qui ont été déçus à la fin.

Ça m’éclatait vraiment d’être le papi de la promo. Ça m’a aussi permis de réaliser que ça faisait 20 ans que je faisais ça…

J’ai aussi beaucoup aimé me positionner par rapport à 60 collègues-chanteurs, par rapport à une génération, parce que j’étais le plus vieux aussi ! Je ne fais pas 36 ans, mais je les ai ! Quand tu vois qu’en finale le plus jeune c’était Antoine avec ses 17 ans, j’avais plus de deux fois son âge ! Moi ça m’éclatait vraiment d’être le papi de la promo. Ça m’a aussi permis de réaliser que ça faisait 20 ans que je faisais ça, que j’avais un petit parcours derrière moi et que j’avais envie de le concrétiser, car je n’avais jamais rien sorti sous mon nom ! Enfin si j’avais sorti une chanson sur l’album de Yael [Naim ndlr] en 2007. Tout ce que j’avais fait avait été sous la coupe, sous l’aval de quelqu’un, donc là c’était aussi l’occasion d’y aller par moi-même, et de voir ce que je valais.
C’est Zazie qui m’a permis de continuer pendant un petit temps et la grosse surprise a été quand j’ai été sauvé par le public, parce que j’étais dans une équipe où il y avait de gros gros chanteurs, vraiment forts, notamment Sol qui est pour moi le Chanteur, avec un « c » majuscule. C’était aussi l’occasion de me confronter à un public, car tu ne sais pas ce que les gens vont penser de toi. Et comme on dit, c’est le public qui a toujours raison. On peut s’offusquer de ce que les gens aiment, mais si ça leur faire vivre une émotion… De mon côté j’arrivais avec une proposition plus intimiste et personnelle, et je pense que c’est ça qui a fait une différence pour la première fois, puis quatre fois après. J’étais prêt à sortir à chaque étape ! Donc la seule frustration, c’est une fois arrivé en finale. Car le soir après la finale, tu te retrouves dans ta chambre d’hôtel, ça fait 6 mois, voire plus, que tu fais ce truc là, et tout s’arrête, tout se termine… il fallait ensuite rebondir.

C’est même pas le fait de perdre en finale, mais le fait que ça soit fini…
C’est le fait que ça soit fini, et qu’il n’en reste rien en fait, sinon des images sur internet, une expérience, une petite place dans le cœur des gens… Mais je me sentais frustré par rapport à tout ce parcours en fait, j’avais envie de transformer ce parcours en quelque chose de concret. Le lendemain dans ma chambre d’hôtel j’étais un peu perdu, je me demandais ce que j’allais faire maintenant, et c’est là que l’idée de créer quelque chose autour de The Voice est arrivée. C’est pour ça que je suis allé voir la maison de disques avec cette idée de reprendre toutes les chansons de The Voice, les onze chansons jusqu’à la finale. Onze chansons ça fait un album, et c’était aussi une façon pour moi de remercier les gens qui avaient voté pour moi et qui m’ont permis de vivre cette aventure là. Je suis donc allé voir la maison de disques avec cette idée de chansons revisitées. Les gens me parlent de reprises, mais c’est que dans la variété ou dans la pop qu’on parle de reprise car quand tu penses au jazz ou au classique on parle de réinterprétation. Pour prendre un tout petit exemple, Glenn Gould qui joue du Bach [les Variations ndlr], on ne dit pas « c’est des reprises de Bach ».

Toi qui étais assez indé, ça ne t’a pas trop contrarié de te retrouver dans une grosse machine intense comme The Voice ?
En fait quand je suis arrivé, j’ai dit aux producteurs : « moi j’ai une voix, c’est comme Jane Birkin, je fais trois notes, donc il me faut des grandes chansons ». Ce qui m’intéressait c’était de me confronter au répertoire, de travailler le texte, la mélodie, l’adaptation. Donc finalement c’était le même travail que je faisais depuis toujours sauf que c’était sur des textes existants, et en allant au charbon ! Car là c’est du direct, tu ne peux pas te cacher, tu es vraiment en pâture. Certains pourraient trouver ça un peu cruel, un peu violent, un peu dangereux, mais finalement c’est quelque chose de très concret, très réel parce qu’on est dans un métier où c’est le public qui choisit. Tu ne te caches pas comme en studio où tu peux refaire 5000 fois la même prise. Finalement il y a quelque chose d’assez pur dans ce concept, avec les auditions à l’aveugle en particulier, les juges ne te voient pas, ils se retournent sur un son. Et qu’est-ce qu’on est si ce n’est un son ? Certes il y a le travail sur l’image, mais nous sommes avant tout des émetteurs de sons.
Après il y a la compétition qui est plus ou moins liée à la musique : les gens reçoivent des prix au conservatoire, dans les aboutissants tu as aussi les Victoires de la Musique, des Grammy des trucs comme ça… tout est compétition, même si c’est pour vendre plus de disques. Et j’avais très envie de rencontrer Zazie aussi (rires). À un moment tu avais une très grande dame de la chanson française qui était Barbara et aujourd’hui il y a Zazie. Dans ce rôle qu’elle prend à The Voice, c’est une passeuse de générations, parce que ça fait 25 ans qu’elle est là maintenant ! Elle a fait une carrière merveilleuse et elle nous ouvre les portes en nous donnant des conseils très avisés.

J’avais choisi le nom de Kid With No Eyes car j’avançais dans ce métier avec beaucoup d’innocence et de naïveté (…) mais à 36 ans tu n’es plus un gamin et tu as envie de te présenter tel que tu es.

Kid With No Eyes c’est terminé ? Au placard ?
En fait je crois qu’à l’origine j’ai créé Kid With No Eyes pour me donner du courage parce que je trouve qu’il faut quand même avoir une certaine dose d’inconscience pour oser ouvrir sa bouche devant les gens… Il faut être assez bizarre pour se dire « je vais monter sur scène et je vais jouer de la musique ». Je n’avais pas ce courage, ni cette confiance en moi, donc j’ai créé ce gamin sans yeux, un peu comme un avatar, un superhéros. J’avais choisi ce nom car j’avançais dans ce métier avec beaucoup d’innocence et de naïveté. Et l’histoire c’est que le gamin a grandi, il s’est construit une expérience, puis à un moment j’ai eu besoin de l’enterrer pour arriver avec mon nom propre. J’ai bossé sous le nom de Kid With No Eyes pendant 8 ans, 8 ans d’apprentissage où j’ai appris ce métier là. The Voice c’était l’occasion pour moi de le sacrifier… Je le garde toujours tu sais, c’est toujours ce petit gamin qui m’accompagne à tous les moments. Souvent je dis qu’il est sur mon épaule, il me protège un peu. C’est un peu comme les jedis, qui avant d’être jedis doivent apprendre. J’ai eu mon maître Yoda à moi. Mais maintenant j’ai le courage nécessaire pour me lancer sous mon nom propre avec l’album qui arrive. Je pense que je ressortirai Kid With No Eyes à un moment quand je ferai un album en anglais, ça sera peut-être le nom de l’album… Un transfert s’est opéré et je suis bien content, car ce n’était pas prévu au départ, mais à 36 ans tu n’es plus un gamin et tu as envie de te présenter tel que tu es, sans masque et sans distance.

Donc pour la suite tu te vois en solo ou plutôt en groupe ?
Je pense que je vais m’entourer de musiciens qui seront des potes, qui pourront bouger. Il y a un truc qui m’angoisse terriblement c’est la routine : jouer tout le temps avec les mêmes personnes ou chanter toujours les mêmes chansons… Donc je pense que ça sera comme un collectif avec des gens qui viennent, d’autres qui s’en vont. Mais je peux toujours jouer tout seul, c’est la base du projet, puis après selon l’envie je pourrai jouer avec différents musiciens selon les occasions.

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Tu as aussi pas mal travaillé sur ton image depuis The Voice, notamment sur les réseaux sociaux.
En fait l’émission m’a permis de mettre un pied dans une industrie. Il y a beaucoup de gens qui font tout eux-même, c’est très facile d’enregistrer à la maison par exemple. Et je n’avais jamais imaginé que mon pied dans l’industrie se ferait avec TF1 et Universal. Mais cet inconnu m’intéressait beaucoup. C’était l’occasion de rencontrer des professionnels et puis un public. J’avais envie de me présenter sous un jour un peu lumineux on va dire, car j’étais dans la lumière de l’émission, et il s’est passé quelque chose avec le public. J’avais envie de les accueillir d’une manière cordiale et correcte. Donc c’était effectivement des plus jolies photos, une expression un peu plus « raffinée » et sympa. Je voulais rendre ça agréable… alors qu’avant je pouvais être un peu sombre et distant. Là ce n’était plus le sujet : c’était le don de soi. Je voyais ma page Facebook qui s’animait de plus en plus, et je ne te cache pas que ça fait plaisir ! C’est encore moi qui m’en occupe, un peu avec le label pour tout ce qui est plus officiel, comme l’annonce de la pochette, quelles chansons seront dans l’album…

C’est quelque chose qui te plaît d’être reconnu ?
Ce qui me plaît c’est le sourire des gens. Parce que comme je te disais tout à l’heure, pourquoi à un moment tu vas oser chanter devant des gens ? Quand tu as un retour de gens à qui tu as procuré des émotions, et qui en retour t’offrent un sourire, un bonjour… c’est que quelque part tu as bien bossé ! Je ne te dis pas que ça me plaît ou que ça me déplaît… mais ce n’est pas quelque chose qui me dérange parce que ça fait partie du métier : ces gens là, sont ceux qui vont nous permettre de travailler. Tu as toujours la possibilité de faire ça pour toi et d’en avoir absolument rien à faire de ce que ça procure. Mais je pense que c’est un échange : c’est comme ce que je te raconte là, si ça t’ennuie totalement tu vas me maudire, puis tu vas t’en aller et ça sera comme ça. Alors que s’il y a un échange, ça sera un moment qui va exister, dont on va se souvenir. C’est la base d’une relation.

Donc pas de tracas, ça passe bien !
Oui ça se passe bien… après c’est comme si tu avais une responsabilité car les gens te reconnaissent, donc quand tu sors un disque il faut faire honneur à ça aussi ! La chance qu’on t’a donnée… C’est vraiment un échange avec des gens que tu ne connais pas. Quand je me lève le matin, je ne pense pas au fait que j’ai fait The Voice, que je vais sortir dans la rue et que les gens vont me reconnaître. Mais très vite, vu qu’on est dans la capitale, je vois des regards, parfois c’est très discret c’est juste des sourires, mais t’y repenses… Mais ça donne aussi envie de s’isoler pour retrouver vraiment l’origine de cette envie là : de s’enfermer, de composer une nouvelle chanson, et de faire la part des choses aussi.

J’ai vraiment besoin de faire un break, pour faire un point dans le temps en me disant qu’il y a eu un avant, et qu’il y a un après… qu’est-ce que j’ai envie de faire après ?

Du coup tu composes en ce moment ?
En ce moment j’ai un peu de mal parce qu’il y a tous les concerts au milieu [la tournée The Voice], il y a la sortie de l’album qui approche et je sens que j’ai vraiment besoin de me prendre une pause pour réaliser le chemin parcouru, et de prendre du temps avec moi-même pour écrire et comprendre ce que j’ai envie de raconter maintenant. Qu’est-ce que j’ai envie de partager ? J’ai vraiment besoin de faire ce break pour faire un point dans le temps en me disant qu’il y a eu un avant, et qu’il y a un après… qu’est-ce que j’ai envie de faire après ? J’aimerais bien passer une semaine ou deux en Espagne tout seul, pour être dans un autre pays avec une autre langue, une autre culture… Le soir de mes 20 ans, et le soir de mes 30 ans je me suis pris des temps comme ça, où je me suis demandé ce que je voulais faire, comme un jeu de l’imaginaire, une projection… Je ne me projette jamais en général sauf une fois, ponctuellement, tous les 10 ans où je me demande où je voudrais être dans 10 ans. Pour l’instant je ne suis pas trop mauvais ! (sourire) C’est comme un espèce de mantra que tu oublies, tu n’y penses même plus et puis à un moment tu te dis « voilà, ça, j’en avais rêvé ! ». Et puis tu te rends compte qu’avec un peu de concentration, un peu de talent, un peu de travail et beaucoup de chance, parfois ça arrive !

Tu veux nous parler de cet album éponyme, ton tout premier ?
Cet album c’est les 11 chansons de The Voice hormis deux qu’on a remplacées. En fait c’était vraiment drôle car je me suis retrouvé dans le bureau du label, et je leur ai dit exactement ce que je voulais : les chansons, l’équipe, et la vitesse. Comme un rôle que tu donnes où tu es très sûr de toi… je ne dis jamais je veux, je dis plus j ‘aimerais bien, ou des pourquoi pas… alors que là j’ai pris le rôle d’un mec qui savait ce qu’il voulait. Et le pire c’est que ça a marché ! Deux semaines plus tard je me retrouvais en studio et j’ai vécu ça comme un rêve, parce que ce sont des musiciens excellents et qu’on a réalisé un album en 5 jours ! Un peu à l’ancienne, on a tout enregistré en direct, on était tous séparés pour que le son ne se mélange pas… Donc il n’y avait pas de mentalisation, car je suis quelqu’un qui a tendance à tourner les choses mille fois dans sa tête avant d’agir, et là tu enlevais tous les écueils, il n’y avait pas du tout de temps de réflexion…
Donc après avoir écouté, j’ai peut-être quelques regrets sur une ou deux chansons, des interprétations ou orchestrations que j’aurais fait différemment, mais ça marque vraiment un point dans le temps pour moi et ça me permet de préparer la suite. Car le label veut sortir mon album de compos dans les six premiers mois de 2017… ça va aller très vite ! C’est marrant car j’ai passé 20 ans à ne pas exister sur disque et là tout s’accélère. C’est très étonnant, je ne m’attendais pas à ce que ça prenne cette tournure là ! Donc même si tu n’as pas confiance en toi, il faut jouer la confiance, et ça marche !

J’ai mis 36 ans à sortir un album, c’est rare de commencer si tard, mais je suis très ému. Tu te rends compte que lorsque tu as un rêve et que tu ne le lâches pas, ça se réalise

J’ai mis 36 ans à sortir un album, c’est rare de commencer si tard, mais je suis très ému. Tu te rends compte que lorsque tu as un rêve et que tu ne le lâches pas, ça se réalise. Ça fait 20 ans que je m’accroche à ça, et même si je me suis perdu pendant 15 ans – parce que je voulais apprendre de partout, dès qu’une porte s’ouvrait j’y allais en ne sachant pas ce qu’il y avait derrière – à la fin tu sais ce que tu veux pour espérer proposer quelque chose d’original. Tu vas me dire que c’est paradoxal avec le fait que ça soit un disque sur lequel il n’y a pas de compositions… mais c’était pour moi une façon de clore l’histoire The Voice, et je suis très content que ça se concrétise avec ce disque qui sort le 9 septembre…

Si tu sors ton album de compos en 2017, tu auras le temps d’écrire ?
Ça fait 20 ans que je compose ! J’ai plein de matériel (sourire). Plein de gens me disent : « pourquoi tu ne sors pas tout de suite ton album de compos ? ». Et en fait il y a vraiment deux raisons à cet album The Voice : la première c’est de remercier les gens qui ont voté pour moi en leur offrant un objet comme un album photos qui va permettre de se souvenir des émotions qu’ils ont vécues à la téloche, et c’était aussi pour moi une façon de faire une transition entre ce sur quoi les gens m’ont découvert et ma propre proposition. On verra bien ensuite la vie de ce disque. Certes c’est très angoissant, mais je suis très excité ! C’est magique ! J’attends d’avoir l’objet dans les mains pour confirmer que c’est réel. Je serai content de l’offrir à tout ceux qui m’ont aidé pendant ces 20 ans là, parce que forcément tu dois ça aux gens qui t’entourent et qui parfois te donnent des coups de pied au cul en te disant « là tu te trompes » ! Mais là il n’y a plus de questions à se poser, juste à foncer, et ça c’est chouette.

Clément Verzi, premier album, sortie le 9 septembre (Universal Music)
https://www.facebook.com/clementverzi

Merci à Clément.

Propos recueillis par Emma Shindo (Paris, 9 août 2016).

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