Hüh! Amour toujours pour Stephan Eicher et sa fanfare Traktorkestar.

CHRONIQUE – Plus de six ans après son dernier album studio, Stephan Eicher publie en cette mi-février, Hüh! , album fanfare reprenant ses plus beaux titres.


Mars 2018. Gare de Lyon Part-Dieu. Fatigué par un premier trajet en train et attendant le second dans le grand hall d’attente, je me pose, quelques instants contre un pilier afin de me détendre. Pendant ces moments, j’aime regarder la foule se mouvoir. Cela me rend imaginatif. J’invente des histoires.

Et parfois, ce jeu d’observation a du bon. Lors de ce mois de mars, un dandy moustachu, foulard par-dessus son gilet noir et sa chemise blanche, se faufile au milieu de cette foule. Que faisait-il ? Je n’en sais rien. Où allait-il ? Je n’en avais que faire. Car, à ma grande joie, j’avais reconnu le plus connu des chanteurs suisses : Stephan Eicher. Je m’empresse alors d’avertir mes proches.

Oui, Stephan Eicher est – pour moi – un dieu vivant de la musique européenne. J’assume ces mots. Dieu vivant, il l’est aussi pour Charline Vanhoenacker, qui le recevait au mois de juin 2018, dans son émission satirique, Par Jupiter (sur France Inter). Il y parlait de sa tournée fanfare, qui triomphait – bien avant la sortie de son album – à travers la France et l’Europe.

Dès que je le vois, dès que je l’entends, je me replonge donc dans ses albums. Véritable madeleine de Proust ! Et lors de ces mois de mars et juin 2018, je me suis replongé – avec grand plaisir – dans sa discographie, vieille de presque 40 ans.

Longue est la démarche. Il faut compter au moins une demi-journée. Mais aujourd’hui, si tu ne souhaites pas écouter l’intégralité des 13 précédents albums, Stephan Eicher te donne la solution parfaite. Un album compilation, à la sauce tzigane, avec une fanfare suisse intitulée : Traktorkestar. En interview, Eicher parle d’un orchestre jeune, localisé à Berne, mais « perpétu[ant] la musique des Balkans, qui est arrivée en Suisse avec les réfugiés de l’ex-Yougoslavie ». Dès lors, Hüh! est dans la droite lignée des albums d’Emir Kusturica ou Goran Bregovic. D’ailleurs, c’est une rencontre avec le compositeur yougoslave qui a permis l’éclosion de ce nouveau projet.

Hüh! rend hommage à la musique slave, et le pari est réussi. Commence par l’écoute de « Pas d’ami (comme toi) » qui swingue et donne l’envie de se déhancher ! Enchaîne avec « Cendrillon après minuit ». Tu auras déjà en tête, toute l’âme du projet. Le swing slave peut aussi laisser place à une mélancolie, chère à Stephan Eicher : « La chanson bleue », « Papillons », où les chœurs de la fanfare nous envoûtent.

Et quand le Traktorkestar réunit les chœurs et le swing, le résultat s’appelle : « Combien de temps ». Totalement revisité et méconnaissable dans sa musicalité, l’un des grands tubes de Stephan Eicher reprend vie en 2019 ! Donnons aussi des cœurs d’or à « Les Filles du Limmatquai » (1983) « Louanges » (1999), « Envolées » (2012), qui montrent le talent de Stephan Eicher, sachant aussi bien revisiter des titres de plus de 30 ans et d’autres nés au XXIe siècle. Stephan Eicher sait redonner vie au passé. C’est donc enchanté, que l’on peut finir l’écoute de cet album.

Dans « Les filles du Limmatquai », Eicher chante « Je veux l’amour toujours. Je veux toujours l’amour. L’amour toujours ». Avec Hüh! le Suisse nous donne de l’amour, comme il sait si bien le faire depuis 40 ans. Et bien que sa tournée fanfare soit terminée, n’oublions pas d’aller lui rendre cet amour, dès lors qu’il passera près de chez-nous !

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