« Pour déjouer l’ennui » : Pierre Lapointe lance son savoureux nouvel album à Montréal

LIVE REPORT – Hier soir, au Club Soda, Pierre Lapointe présentait son nouvel album « Pour déjouer l’ennui », dont la sortie est prévue ce vendredi 18 octobre.

Deux ans après La science du cœur, Pierre Lapointe revient avec un nouvel album tout doux et richement orchestré. Réalisé par Albin de la Simone, Pour déjouer l’ennui est né de « La plus belle des maisons », qui apparaissait déjà en piano-voix sur l’album Paris Tristesse, et qui est ici complètement ré-arrangé.

Ce nouvel album, aux accents bossa nova sur quelques titres, semble légèrement plus optimiste que les précédents. Mais on y retrouve toujours les textes d’amours déçues, de manque et de tristesse, si chers à son interprète.

Rythmes et poésie

La salle affiche complet ce soir lorsque Pierre Lapointe entre en scène. Une nouvelle scénographie, plus sobre que pour le spectacle précédent, assure le deuxième plan. Au premier, Pierre est entouré de ses fidèles musiciens des Beaux Sans Coeur (et Joseph Marchand), deux guitares, une batterie, une contrebasse et Albin de la Simone au clavier.

C’est avec « Tatouage » que le show commence, titre qui avait été dévoilé le mois dernier, à l’aide d’un clip dansant. Des rythmes rappelant les percussions d’Amérique du Sud, font déjà osciller les hanches du public (ce qu’on avait rarement vu à un spectacle de l’artiste !). Au fil du spectacle, les rythmes se font moins percutants, la douceur s’installe et quelques titres sont chantés en clavier-voix uniquement, comme « Amour bohème » ou « Je connais le chemin ».

Des collaborations réussies

Pierre Lapointe a fait appel, pour ce disque, à des collaborateurs et amis. C’est, notamment Julien Chiasson et Hubert Lenoir qui ont co-écrit la chanson-titre de l’album, une vraie pépite. Albin de la Simone a, lui aussi, grandement contribué à l’écriture de cet album. Il chante d’ailleurs ce soir en duo « Le monarque des Indes », et a également composé la musique de « Dis-moi je ne sais pas » et « Je connais le chemin ».

Clara Luciani a aussi participé en co-écrivant « Qu’est-ce qu’on y peut ? », que Pierre Lapointe chante seul ce soir. Il nous confie d’ailleurs qu’il n’est que vaguement rassuré à l’idée de chanter ce duo en solo.

Heureusement, Albin de la Simone, assure une très discrète mais efficace seconde voix, très différente de celle de Clara Luciani, mais qui fait son petit effet. Les deux comparses, Pierre et Albin, qui ont déjà eu de nombreuses occasions de composer, jouer et chanter ensemble, font ce soir encore leur show d’humoristes. Sur « Le monarque des Indes », Pierre raconte sa fierté d’avoir fait en sorte que l’hétérosexualité d’Albin se plie à interpréter cette chanson parlant de l’histoire d’amour naissante entre deux hommes. Il a plutôt l’habitude de l’inverse. Le public est ravi, acquis à la cause du Québécois depuis longtemps, mais toujours fidèle et passionné.

Cet album semble évoluer au film des titres, on y fait un voyage au pays de l’amour, tantôt au cœur des souvenirs, tantôt des espoirs, tantôt parmi les regrets et les au-revoir. Du grand Pierre Lapointe !

Pierre Lapointe sera en concert fin février 2020 à l’Usine C de Montréal et le 30 mars aux Folies Bergères à Paris.

Setlist : Tatouage / La plus belle des maisons / Pour déjouer l’ennui / Un cœur qui saigne / Le monarque des Indes / Amour bohème / Amour ou songe / Dis-moi je ne sais pas / Je connais le chemin / Vivre ma peine / Qu’est-ce qu’on y peut ? / Vendredi 13 // Bis : Nos joies répétitives

Texte : Jeanne Cochin | Photos : Emma Shindo

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