Dans l’iPod de… Kid With No Eyes (Clément Verzi)

C’est un genre de playlist spéciale. De celle que je voudrais garder rien que pour moi, car chacun des titres qui la composent me parlent. Tous les styles sont là, et les titres n’ont rien à voir les uns avec les autres. Mais étrangement le tout est assez cohérent. Elle est spéciale. Elle est l’œuvre de Kid With No Eyes (Clément Verzi), lauréat du FAIR 2012. On le suit depuis un moment déjà, le garçon. On a coutume de dire à son sujet qu’il doit être le frère caché de Damien Rice. Où celui de Thom Yorke. Comme eux, il fait pleurer avec ses belles chansons et sa voix si spéciale. Il fait rire aussi entre ses morceaux, avec ses histoires et son air faussement nonchalant. Le fait est qu’en live la magie opère toujours instantanément. On l’adore ce garçon, et on lui a demandé de nous concocter sa playlist parfaite. Il a accepté de jouer le jeu et partage les titres qu’il préfère dans son Ipod.

Si jamais, vous n’avez pas eu l’occasion de découvrir KWNE en concert: 1. Shame on you 2. Sachez qu’il passera au Jazz Festival d’Amiens (19, 20,21 septembre). Si vous êtes dans le coin,vous n’avez aucune excuse pour ne pas aller l’écouter.

Matmos – Spondee (a chance to cut is a chance to cure)

Troisième piste de l’album des américains avant-gardistes  qu’on a vu à la prod de l’album Vespertine de Bjork entre autre. Ils ont voulu, pour leur album créer de la musique à partir de sons  organiques enregistrés en milieu hospitalier, comme une histoire auditive. Happy-killer-track, « Spondee » est une suite de sons et leurs appellations en 2 syllabes, Sunshine, lunchbox, playground, raincoat, hotdog, ice cream, etc..se termine par un roulement  de tambour et cymbale. Puis la drum&bass commence et tout s’emboîte donnant au final une grande fête sonore très pop, dancefloor, à écouter pour se lever des 2 pieds à la fois, et qu’il soient bons.

Cornelius, Smoke (Point)

Les japonais de Cornelius créent une musique d’atmosphère,  de paysages sonores, en utilisant des sons du réel et en créant  de la musique très rythmée et happy avec beaucoup de tensions et d’harmonies originales. Sur ‘Smoke’, tout part d’un beat tres basique de drum et les instrus arrivent couche par couche. Ca pourrait ressembler à du Phoenix en plus expérimental. Très rock, les temps forts de la track ont le style très haché des instrus, et mon passage favori, le solo de crazy guitare qui est du vrai noise, complètement barré tranche avec la douceur de l’outro très noisy et romantique. Musique très originale qui sort des sentiers battus et rebattus à découvrir sans attendre.

Kid606 – Fuck up everything you can before you plan on slowing down (PS: I Love you)

Cette track clôt le somptueux album PS I love you et fait la part belle aux high tempo & breakbeats qui définissent son créateur, Miguel Trost de Pedro: un musicien qui fait du glitch, de la hardcore techno, avec beaucoup d’humour, ce qui plaira aux punks et autres qui n’ont pas froid aux oreilles.  PS: Pour une vraie expérience, l’écoute de l’album dans son ensemble est vivement recommandée.

À écouter via DEEZER

 Can – Vitamin C (Ege Bamyasi)

Fondé à la fin des années 60, CAN est un groupe de Kraut Rock allemand.  Trois des ses membres fondateurs furent élèves de Stockhausen. Mélange de funk, classique, jazz, musique andine, musique concrète, Vitamin C est chanté par Kenji « Damo » Suzuki, japonais génial qui transfigure le genre, dans une track qui de bon matin remplace pour moi un grand verre de jus d’orange.

Aphex Twin – Jynweythek Ylow (Drukqs)

Cette track fait l’ouverture du double album sorti en 2001 par le Génial Richard D James. Piano trafiqué, jeu de brouillage de piste facétieux, introduction à la manière de Satie, ce morceau étonne…Comme Aphex avait habitué à des grosses bombes electo-killer puisque il entièrement composé au piano. On se rend compte ici que le compositeur peut faire le choix d’effacer la forme pour aller à l’essence du morceau, ce qui donne à entendre un des plus beaux morceaux de la décennie à mon sens, boite à musique versus hardcore techno, la différence n’est qu’une question de perception.

Peter Kruder – Domination (Peace Orchestra)

Après s’être révélé avec son compère Dorfmeister avec des remixes de talent, voici le premier album solo de Peter Kruder. Le viennois dévoile ici ses qualités de compositeur: percussions mélodiques, basses rondissimes, drums pointues, cette track hypnotique fait s’entremêler les sonorités et ouvre au Trip hop de nouvelles voies vers la musique visuelle.

Beastie boys – Pow (Check your head)

Les Beastie tranchent dans le lard! Apres avoir explosé avec leur hip hop qui démonte, ils reviennent sur POW à leur premiers amour hard-core punk en jouant toutes les intrus en live. Début à 120 bmp, avec un gros son funk, jazz, orgue, et soudain ils perdent 40bpm en 2 mesures et arrivent sur un easy jazz très warm avec guitare wawa et percus latines, et c’est ce virement de bord qui est bon.

Common – Ferris Wheel (Electric Circus)

Produite par Questlove, cette track est l’ouverture de l’album de Common, qui mélange des styles très différents en apparence tels que l’électro, rock, pop, et bien sûr le Hip Hop. Common marque immédiatement l’ambition de l’album. Une toux en écho donne le tempo de la track : c’est une valse, une ritournelle à la boîte à musique, un solo de crazy-guitare en background, Marie Daulne de Zap Mama font les chœurs en français. Et puis 30s de noise qui emmènent vers un scratch qui débouche sur des percus africaines en ternaire et un chant tribal…puis l’album. C’est ce mélange fou qui me plait par dessus tout. Plus de style, plus d’esthétique, juste de la pure musique.

Moondog – Bird’s Lament (Sax pax for a sax)

Louis Thomas Hardin est un très grand compositeur du 20e siècle, il perdit la vue à 16 ans et a composé son œuvre en braille. Considéré de son vivant comme fou et atypique, il décida, enfant, de devenir viking et garda ce costume jusqu’aux rues de New York où il jouait et vendait ses poèmes. Adepte du contre-point, fou de Bach, il a inspiré des générations de musiciens contemporains. Le Bird du titre est en référence à Charlie Parker, qui fut son ami. Écoutez la track vous la connaissez sûrement, et vous comprendrez immédiatement pourquoi on ne peut que l’aimer.

Vincent Gallo – Honey Bunny (When)

Puisqu’il en fallait au moins une sur cette sélection, j’ai choisi cette chanson-ci. You don’t need comment, do you? « We’re like dreamers in nice colors, childlike dreamers under water. We’re the dreamers in nice colors, and the colors are like summer. On and on. On and on. On and on« .

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