Équipe de foot : « L’amour, c’est le meilleur thème quand t’as pas d’avis sur les choses »

INTERVIEW – On a parlé peine de cœur avec Équipe de Foot après leur concert au Festival Chorus le 6 avril dernier.

Vendredi 6 avril 2018. Équipe de Foot vient de passer son grand oral devant le jury du Prix Chorus, qui reviendra finalement à Psychotic Monks. Michael et Alex, les deux bordelais gavé cools qui composent le groupe, ont répondu à nos questions avec grand enthousiasme. Pour eux, on avait concocté une interview cœur brisé, en écho au thème de la rupture qui nourrit leur premier album Chantal sorti en octobre dernier.

Votre premier chagrin d’amour ?
Alex : j’avais 16 ans et je sais toujours pas pourquoi elle m’a quitté. J’étais fier d’être avec elle parce que c’était une basketteuse, elle faisait 1m85 et je suis pas très grand.
Michael : moi non plus je suis pas très grand. J’avais 16 ans aussi et elle m’a quitté parce qu’il y avait un type beaucoup plus grand et baraqué que moi. Du coup j’ai chialé ma race, je me suis roulé en boule.
Alex : j’ai pas fait ça, moi. Par contre, je suis sorti avec sa meilleure amie. Et c’était sa copine que je voulais à la base…

La pire façon de rompre ?
Alex : celle que je trouve la plus horrible, parce qu’on me l’a fait deux fois, c’est par texto. Je trouve que c’est ignoble. Après le texto, tu essaies de rappeler la personne, normal, et généralement tu tombes direct sur le répondeur. C’est horrible !
Michael : un mec qui était au lycée avec moi a largué sa meuf alors que j’étais assis à côté d’eux dans le canapé. Elle était sur ses genoux et il lui a envoyé un texto pour lui dire « je te largue ». La meuf, elle a regardé son téléphone, elle lui a foutu une baffe et elle est partie. Et lui il était mort de rire. C’était pas cool du tout !

La pire phrase pour rompre ?
Alex : la pire phrase à entendre quand tu te fais larguer c’est « c’est pas ta faute ». Je suis quelqu’un de pragmatique donc je préfèrerais avoir des retours pour pouvoir m’améliorer pour la prochaine, mais ça arrive jamais en fait. Apparemment c’est jamais moi, je trouve ça suspect.
Michael : rien à ajouter. Je suis d’accord avec mon copain.

Le pire endroit pour rompre ?
Alex : les toilettes.
Michael : la chambre à coucher, après avoir fait l’amour.
Alex : ou genre un endroit duquel tu peux pas partir comme un repas de famille chez la grand-mère de ta meuf. « Salut tonton, je te trouvais vraiment sympa ». L’enfer !!!

La meilleure chanson de rupture ?
Alex : la meilleur du monde c’est « Je suis venu te dire que je m’en vais » de Serge Gainsbourg.
Michael : ah ouais, elle est bien celle-là ! Il doit y en avoir d’autres mais j’y pense pas. Bon choix !

La musique à écouter pour se remettre d’une rupture ?
Alex : bizarrement, quand je me suis fait larguer par ma première vraie copine, j’écoutais beaucoup de musique joyeuse. J’écoutais Blur, notamment, mais ça me rendait triste.
Michael : la dernière fois que je me suis fait larguer, c’était au moment où il y avait le deuxième album de Stupeflip qui sortait. Du coup je l’ai écouté en boucle. Mais il était cool cet album. Je me suis remis de mon chagrin. Du coup, je me dit que c’est peut-être grâce à eux.

Est-ce que vous avez un rituel post-rupture ?
Alex : je bois beaucoup. Quand je me suis fait larguer, j’arrêtais pas, je sortais tout le temps. En fait, c’est pas forcément boire, c’est juste ne pas être chez moi.
Michael : non, moi c’était plutôt l’inverse : rester chez moi, fumer des joints et jouer à la console en pleurant.

La pire connerie que vous avez faite après une rupture ?
Alex : j’en ai parlé tout à l’heure. Je suis sortie avec sa meilleure amie.
Michael : t’es toujours débile après une rupture. T’es une vieille chaussette, t’envoies des textos. T’es là : « pourquoi tu m’as quitté ? ». J’ai été méga relou quoi !  Elle est déprimante en fait votre interview. (rires)

La chanson d’amour que vous auriez aimé écrire ?
Alex : il y en a tellement ! « No distance left to run » de Blur. C’est une chanson de rupture trop belle.
Michael : franchement, je ne peux pas choisir. Je dirais l’intégralité des albums de Death Cab for Cutie. C’est le groupe qui a écrit les meilleures chansons d’amour du monde. Toute leur discographie c’est la folie du mec qui se fait larguer et qui est trop triste.

L’amour est-il un thème inépuisable en musique ?
Alex : tout ce qui nous entoure, c’est de l’amour ou de la déception donc c’est inépuisable
Michael : c’est le meilleur sujet du monde quand t’as pas d’avis sur les choses. Si tu veux pas t’engager sur l’élection de Donald Trump par exemple, tu  parles d’amour. Au moins, tu connais.
Alex : l’amour c’est à la fois le truc le plus politique et le moins politique du monde.
Ce sera aussi le thème du prochain album ?
Alex : le prochain disque est en préparation. On l’enregistre cet été. Ça va forcément parler d’amour, mais c’est pas le même amour que quand tu as 20 ans. J’ai plein de choses à dire sur le fait de m’être retrouvé célibataire à 30 ans. Surtout que ça faisait 11 ans que j’étais avec ma copine. Être célibataire à 30 ans c’est vachement compliqué. Il y a beaucoup de choses à dire là-dessus : comment tu rencontres des gens ? Comment tu envisages une relation parce que t’as pas envie de te planter ? Est-ce que tu comptes avoir des enfants ?

Vous nous avez cité quelques chansons titres… On se demande : pour vous, est-ce que les chansons tristes sont les meilleures du monde ?
Alex : je suis d’accord avec ça mais je saurais pas l’expliquer. J’étais ultra fan de Blur quand j’étais adolescent. Dans leur discographie, je retiens deux-trois pépites assez tristes. Il y a plein de groupes que j’ai adorés mais qui n’ont pas de chanson triste. Pour moi, il manque un truc. Des groupe qui font que du rock rentre-dedans, t’as l’impression que c’est faux.
Michael : tu peux pas faire Nevermind si tu mets pas « Something in the Way » et « Drain You ». Un de mes albums préférés de la vie, c’est Carrie & Lowell de Sufjan Stevens. Au rayon album triste, le mec a pas triché. J’ai tellement chialé en écoutant ce disque. Là tu comprends ce que c’est une chanson triste. A priori t’auras du mal à avoir un truc aussi puissant en version plus joyeuse. Ça peut être cool mais tu vas pas saigner du cœur.
Alex : Après, tu peux avoir des trucs joyeux passionnants. Regarde les Beatles et « Lucy in the Sky With Diamonds ».
Michael : c’est une histoire de ton aussi. C’est pas forcément le fait d’être triste. Dans le genre chanson joyeuse et cool : « Kalash » de Booba feat Kaaris. Il se demande ce qu’il va faire de tout son oseille.
Alex : il est pas venu d’ailleurs.
Michael : est-ce qu’on n’aurait pas dû se mettre des maillots avec tous les deux un numéro 10 pour lui faire honneur ?

En parlant de maillots, pourquoi vous portez les numéros 19 et 23 sur scène ?
Michael : le numéro 19 sort d’un de mes bouquins préférés : La Tour sombre de Stephen King. Le numéro 19 est central dans l’intégralité de ses bouquins pour 8 millions de raisons. C’était le nom du premier album de mon ancien groupe. C’est un chiffre qui me suit dans ma vie.
Alex : le 23 c’est un peu nul, mais je suis né un 23 et quand j’étais petit, j’étais fan de Michael Jordan.

Propos recueillis par Hélène Pouzet et Sabine Bouchoul

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