Cat Power, le retour à la source

CHRONIQUE – Après un passage musical à vide, Cat Power revient à l’essentiel, la base, sa base. Et c’est forcément une réussite.

En parcourant ma pile de vinyles et ma montagne de cds, je me suis rendu compte d’une chose. Je n’écoute pas énormément de chanteuses. Des chanteurs, oui. Mais les filles sont rares. Va savoir pourquoi, les voix féminines me touchent moins.

En revanche, il y en a une qui m’a toujours bouleversée. C’est celle de Cat Power. Parce qu’elle a un timbre particulier, un grain qui ne ressemble à aucun autre. Qu’elle n’a besoin d’aucun artifice pour le sublimer. Elle est déjà sublime, sa voix. Alors quand elle s’est perdue en chemin avec l’album Sun, j’ai eu un peu mal. Cet album, ce n’était pas elle. Certes, Chan Marshall a tenté plusieurs styles, elle a eu plusieurs périodes, mais cette période, blonde peroxydée et musique pop, sur-produite. Ce n’était pas elle. Ce n’était pour elle.

Renaissance

Quand elle a annoncé la sortie de son nouvel album, je n’étais guère rassurée. Quel chemin allait-elle prendre ? Un duo avec Lana Del Rey ? Pourquoi ?

En réalité, il a fallu une seule écoute de The Wanderer pour se rendre compte que Cat Power est retournée à l’essentiel. La base. Ce style inimitable à la limite du folk hanté, torturé, mais salvateur qui était le sien. Cet album donne l’impression d’avoir retrouvé une vieille amie perdue de vue depuis longtemps. Et que, même si les années ont passé, la conversation est aussi fluide et limpide que si les liens n’avaient jamais été coupés.

Elle n’a rien perdu non plus de son talent pour transformer des titres bien connus de nos oreilles. Dans le passé, elle revisitait Bob Dylan et les Stones. Aujourd’hui, c’est Rihanna, icône pop de nos années difficiles niveau musique. Mais, le talent est là, et elle parvient à sublimer le titre « Stay », avec un piano. Et cette voix si particulière. C’est réconfortant. Et idéal pour les matins blancs, les journées grises et les nuits qui deviennent un peu trop fraîches.

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