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CCF21 : Nicolet, Étienne Fletcher, N Nao, Gazoline, Les Shirley…

LIVE REPORT – Deuxième semaine au Coup de cœur francophone pour trois surprenantes soirées de concerts à travers Montréal.

Pour cette deuxième semaine de Coup de cœur francophone, on est allé écouter des artistes et groupes qu’on voulait découvrir en live. Certains qu’on avait découverts virtuellement, d’autres qu’on avait vus lors de courtes premières parties, d’autres dont on avait entendu parler sans avoir l’occasion de les voir, et certains qu’on ne connaissait même pas…

N Nao

Semaine 2. Semaine des découvertes qu’on entame le mardi avec N Nao. Découverte du projet de Naomie De Lorimier et non de la belle choriste/claviériste qu’on a déjà vue à de nombreuses reprises aux côtés de Klô Pelgag et Laurence-Anne (entre autres). Vêtue d’une robe virginale et d’une coiffe blanche des années 1980, les quelques guirlandes de lierre accrochées sur les pieds de micro, N Nao nous fait plonger dans son univers intriguant, atmosphérique et minéral. Malgré quelques minuscules couacs techniques qu’on oublie vite, on est surtout impressionné de prime abord par la qualité de son timbre de voix classique et franc qu’elle maîtrise parfaitement.

La première partie du set est interprétée en duo (guitare-machines) avant que quatre autres musiciens ne la rejoignent pour la surprise. C’est réussi. Soudainement, le set mélancolique et épuré prend une tournure plus atmosphérique-electro-expérimental. N Nao interprète les chansons de son futur album La plus belle chose, qu’elle nous annonce en maquettes et à venir sous peu. Loops, réverb, quelques harmonies, ruptures rythmiques, percussions tribales, clochettes féeriques… C’est un univers riche et onirique dans lequel le Ministère est transporté le temps d’une parenthèse bien agréable.

Nicolet

Nicolet est typiquement le genre de groupe qu’il faut découvrir live pour comprendre. Ce n’est pas faute d’avoir reçu moultes communications parlant de leur dernier album Dans la nuit lente (mea culpa). En duo lors du lancement d’Alex Burger, il était temps d’aller les écouter pour de vrai et en prendre plein la face lors d’une de leur performance en full band.

Guillaume Guibault (claviers), Étienne Côté (batterie), Étienne Hamel (chant, guitare), Étienne Dupré (machine, basse) et David Lagacé (guitare) sont Nicolet. Des musiciens de feu pour une proposition enivrante et captivante dans la veine de Radiohead croisé avec Brian Eno (c’est Étienne Hamel qui le dit). Derrière le groupe, des projections rétro-poétique ne prennent heureusement pas le dessus sur ce qu’il se passe sur scène. Sans effusion, le groupe fait défiler les titres de son dernier album, dans une espèce de mélancolie diffuse exacerbée par le jeu de lumière en clair-obscur. Sans hystérie, costumes ou décor particulier, il est pourtant difficile de détacher son regard de ce groupe qui nous berce et nous hypnotise jusqu’à la dernière note. Gros crush sur le jeu de batterie d’Étienne Côté (Lumière), subtile, précis et varié. Un plaisir pour les oreilles.

Sandrine St-Laurent

De retour au Ministère pour une soirée placée sous le signe des bons sentiments. En première partie, la petite sœur québécoise de Pomme, Sandrine St-Laurent propose un set acoustique en trio. À la guitare et à la voix Alexis LP (Mada Mada) et aux chœurs (Éléa). La Québécoise et son timbre de voix limpide chante la solitude de la pandémie, les craintes climatiques, l’amour maternel, l’amour tout court et ces déceptions avec légèreté et optimisme. Très souriante, un poil timide à première vue, elle semble regarder avec bienveillance ses deux accompagnateurs de la soirée.

Chansonnière aux élans folk, Sandrine St-Laurent est lumineuse, un petit rayon de soleil qui alterne voix, ukulélé et piano pour ajouter à la guitare acoustique d’Alexis. Pas de prise de tête, pas de grande vague de tristesse ou de drame pour l’artiste qui nous annonce que son (premier) album est enfin écrit.

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Étienne Fletcher

Dans le genre coup de cœur lors du festival du même nom, voilà le fransaskois Étienne Fletcher que nous ne connaissions pas encore. L’originaire de Regina fait étape au Ministère dans le cadre de sa tournée transcanadienne. Il vient de sortir son premier long jeu, Entre-deux, et voyage avec ses trois musiciens-amis (Matt Vezio à la batterie, Sean McCannell à la guitare et Neil Robinson à la basse). En supplément ce soir-là, Elisabeth Giroux, rencontrée lors d’une soirée au Festif vient ajouter le chant de son violoncelle à la formation.

L’artiste interprète principalement les chansons de son album : l’historique “Homestead” pour ces maisons des Prairies dans lesquelles se réfugiaient les Métis, la touchante “Entre la mort et moi” seul au ukulélé ou encore la plus radiophonique “Rendu-là” qu’il a écrite et chantée en partie à distance avec Laura Babin (qui nous manque beaucoup). L’artiste fait rire entre deux chansons (un pro du comique de répétition !), mais il raconte également des pans de vie avec émotion. Il évoque la santé mentale d’un jeune dont il s’est occupé avec “Problem Child”, ou ses grands-parents qu’il a récemment perdu, un par un, à quelques mois d’affilée. Sa pop-jazzy-rock est super accrocheuse et le concert passe à une vitesse folle. C’était une première avec Étienne Fletcher, clairement pas la dernière.

Les Shirley

Un vendredi soir rock au National pour le dernier week-end du Coup de cœur francophone. Les Shirley ouvrent pour Gazoline. Le girls band brise la glace très rapidement. Oui, leurs chansons sont en anglais dans un festival qui annonce pourtant dans son titre la valorisation de la langue française. Pas bien grave, puisque de là où je suis, il est assez compliqué de discerner ce qui est dit.

Le trio est en mode démonstration de force, pas de respiration. Leur mot d’ordre a l’air d’être d’avoir du fun et advienne que pourra. Elles enchaînent leurs titres avec rage, distorsion et mouvements de cheveux. On aurait aimé entendre un petit peu clairement les lignes de guitare et de basse qui ont pourtant l’air bien sympas. Les Shirley sont en fait la définition du cool. Cools à regarder évoluer sur scène, et cools dans leur interventions et ce qu’elles dégagent. Des badass du rock-punk.

Gazoline

Au tour des stars de la soirée de passer sur scène. Ça fait trois ans que Gazoline n’a pas joué en public. Ils se sont “séparés” et les revoilà avec un nouvel album et un nouveau bassiste (Sam Beaulé). Xavier Dufour-Thériault (chant, guitare) est la personne vers qui tous les regards se tournent sans réfléchir. Il évolue comme un poisson dans l’eau avec pseudo nonchalance dans sa chemise rouge sur cette scène décorée de quatre grandes portes tournantes et lumineuses.

Les garçons interprètent pour la toute première fois en live leurs nouvelles chansons qui parlent pour la quasi totalité de “relations” (“Jessica”, “Cassée”, “Comeback Baby”) et leur single “3 minutes 5 secondes” avec une courte mais chouette intervention d’Alex Dodier pour le solo de saxophone). Des nouveautés parues le jour même dans Gazoline III, leur troisième bébé. Ils glissent aussi des valeurs sûres : “Regarde-moi”, “Du feu” et “L’amour véritable est aux rebelles” revisitées pour l’occasion. Le National en a pour ses yeux (canons fumigènes) et ses oreilles. On a un gros faible pour la courte mais efficace “Dragueur kamikaze” ainsi que la très Muse-ienne “Les partys de l’industrie du disque” que le groupe a choisi pour conclure la soirée en beauté.

Ce n’était sans compter l’enthousiasme du National à qui un seul rappel ne suffit pas. Revoilà le groupe de nouveau sur scène pour un bis à l’arrache (“New York”). Un lancement-retour-fête réussis.

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Photos : Emma Shindo