Francos de Montréal 2026 : Baie et Choses Sauvages nous régalent
COMPTE RENDU – Journée « chill » de qualité ce jeudi aux Francos de Montréal en ce jour 6. Entre la bonne découverte de Baie et le « disco party » de Choses Sauvages, on est reparti ravi.
Franchement, ce jeudi 18 juin s’annonçait mal niveau météo. Mais c’est sans compter que faire confiance en Météo Média revient à parler d’égalité dans le couple à un masculiniste. On repart donc fringuant vers le centre-ville où un petit programme, de qualité, nous attend.
Baie, on est jamais déçu avec les Acadiens

Lorsqu’on arrive, Soleil Launière, lauréate des Francouvertes 2025 finit son set sous la pluie. Néanmoins le parterre de la scène Loto-Québec n’est pas vide. C’est plutôt de bonne augure pour la suite de la soirée. Le ciel se dégage un peu, les nuages défilent comme dans un train à grande vitesse. Au tour de Baie de braver les éléments (et les problèmes de sons). Ils ont déjà bravé les kilomètres alors peu leur importe. C’est long la drive mais ça vaut la peine ! Les Acadiens (du Nouveau-Brunswick) arrivent sur la scène Spotify sur les coups de 19h00.
Vêtus de leurs plus beaux costumes de simili-cuir, strass et cols orange, ils font tout de suite plaisir à voir. Assumons notre côté kitsch. Le band sort rapidement le public de sa torpeur grâce à une entame rock (cette batterie détonante de Maxence Cormier aussi membre des Hôtesses d’Hilaire) qui tend rapidement vers la pop et le disco au fil du concert.

Le quatuor (plus une musicienne pour ce show) présente son dernier album La tête a ses raisons, en entier, confirme Matt Boudreau (clavier-voix). Le dynamisme du chant en alternance et à l’octave avec Chloé Breault, qui est aussi à la basse, est une valeur ajoutée non négligeable. Et diantre qu’on adore voir des femmes à la basse ! On entend forcément des airs des Hay Babies, surtout dans le timbre de voix de Chloé. Katrine Noël des Hay Babies a d’ailleurs co-réalisé leur album Grand Bleu. Tout est dans tout comme on dit au Québec.
La jolie « Quand le soleil frappe à ma porte » a des airs prophétiques alors que les mini-averses semblent décliner. « Lalala » leur permet de réveiller le public, tandis que « Gimme Luv » (tirée de leur album précédent) nous fait viber bien comme il faut (on l’écoutera en boucle tout le lendemain). Le live permet à Baie plus d’explosivité que sur leurs albums, et on a bien hâte de les revoir (en salle si possible).
Choses Sauvages et la disco party du mercredi

Choses Sauvages nous attendent sur la scène Loto-Québec à quelques mètres de là. La mission de Félix Bélisle (lead-vocal) ce soir-là ? Réveiller les habitants d’une récente tour d’appartements bien laide construite juste en bordure du parterre. La formation habituelle a été remaniée. Olivier Cousineau remplace Philippe Gauthier-Boudreau à la batterie tandis qu’Alix Fernz remplace Marc-Antoine Barbier à la guitare. Ajoutons à ça Lysandre Ménard aux chœurs (aussi en duo lors de « Chaos initial »), et Lysandre Bourdages aux percussions. Ils sont donc neuf sur scène. Parfois même dix quand Rémi Gauvin (comment debord, dont font aussi partie Cousineau et Bourdages) se joint d’abord pour « Level up à l’intérieur » et ensuite vient tripper aux accessoires pendant toute la fin du concert. Un bon gros bordel sans chichis ni flaflas.
Notre dernier souvenir de Choses Sauvages en concert remonte à 2019 au Club Soda. C’est un souvenir inoubliable. Ce qui explique pourquoi ça nous a pris sept ans avant de les revoir, non sans appréhension d’avoir trop d’attentes. Choses Sauvages est comme une vieille automobile un peu capricieuse au début. Il faut taper à tel endroit sur le capot, appuyer sur telle pédale en même temps que de jouer avec la clé de démarrage. Après quelques minutes de gossage, elle râle et file sur l’autoroute en slalomant entre les gros camions. Une fois « Ariane » jouée en première chanson, le groupe prend le temps de se réchauffer (littéralement) avant que leur énergie légendaire fasse effet sur le public.
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Groove et attitude

Clope au bec, Félix Bélisle et ses yeux peint de noir a beaucoup à faire avec l’expérience de spectacle de Choses Sauvages. Certes derrière, les musiciens tabassent et assurent un groove incroyable, mais le show ne serait si mémorable sans l’attitude de celui-ci. Micro pendu au cou ou tournoyé comme un lasso, sacres en veux-tu en voilà, bière renversée après en avoir craché la mousse, fameux body surfing… tout est dans l’attitude.
Choses Sauvages interprètent un certain nombre de titres extraits de leur dernier album Choses Sauvages III (« En joue », « Cours toujours »), en plus de se faire plaisir avec leur dernière sortie en date. Singles 2016-2026, un microalbum de six chansons qui regroupe leurs singles, dont « L’épave trouée », leur tout premier paru en avril 2016 ! La sauce prend, et la « câlisse de disco party » est bien entamée. Difficile de résister à « Nuages », « Homme-Machine » et « La valse des trottoirs » jouées à tour de rôle.
Pour conclure la soirée, on est invité à fermer les yeux, pour vivre le fantasme musical de Félix qui veut le public « vire comme le rave dans Matrix ». « Apophis » est lancée, et nous voilà comme dans une secte (consentante) à répéter « Soleil noir ! Soleil blanc ! Demain matin ! En ce moment ! » Un petit côté Tintin chez les Aztèques si vous voulez notre avis. En tout cas les hanches se sont décoincées sans tracas et on a juste le temps de s’engouffrer dans le métro avant que la pluie ne reparte de plus belle. Un concert de Choses Sauvages c’est une comme une éclipse salvatrice ou une pilule bleue. On en reprendra bien avant sept ans.
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Crédit photos : Emma Shindo
