Route du rock 2017, collection hiver : Fishbach, Shame, Cherry Glazerr, Buvette…

LIVE-REPORT – Rocknfool est à La Route du Rock pour la collection hiver. À la Nouvelle-Vague, à Saint-Malo, lumière sur Fishbach, Shame, Cherry Glazerr et Buvette.
Trente ans en arrière, Cherrie Curry balançait : « Hello, world, I’m your wild girl, I’m your ch-ch-ch-cherry bomb » avec les Runaways. 2017, Clémentine Creevy, poupée désarticulée au langage fleuri, affirme haut et fort : « power to the pussy ». Clémentine Creevy est la lead-singer incroyable de Cherry Glazerr. Faut-il voir une référence aux Runaways ? Aucune idée, mais une chose est sûre, avec le quatuor, on a trouvé une meuf capable faire du rock aussi brut de décoffrage que celui des mecs. Clémentine n’est pas de celle qui joue sur son physique. D’ailleurs, elle a le look d’une lycéenne. Converse aux pieds. Elle éructe, gueule, susurre et chante sans prendre la peine de reprendre son souffle. Si aux premiers abords, on lui donnerait le bon dieu sans confession, la minute d’après, elle se transforme en véritable Queen Furiosa. Power to the pussy. On est d’accord.

Impériale Fishbach

Power to the pussy. Ce n’est pas Fishbach qui dira le contraire. En interview, elle nous confiait être heureuse de la tendance à l’affirmation des femmes dans la musique. On ne peut qu’être d’accord. Sur scène, la chanteuse originaire des Ardennes est intrigante. D’une élégante et élégance folle. Une scène en clair-obscur, un set qui oscille entre théâtralité et intimité. La voix androgyne de Fishbach séduit, ses titres sans âge délicieusement vintages, résolument modernes sont tantôt dansants, tantôt introspectifs. La jeune femme ose tout, fumer, et même s’allonger sur scène, sous le regard intrigué d’un public qui n’hésitera pas à donner de la voix sur le tubesque « Un autre que moi ».

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God save the Shame

« Vous allez en prendre plein la gueule », telle était la promesse de Shame concernant leur futur 1er album. C’était aussi, semble-t-il, le mot d’ordre pour ce concert. 19 ans et demi d’âge moyen, une volonté farouche de prendre la scène, une énergie illimitée balancée au public, et un rock profondément punk et British. La recette déjà rodée par les Clash résonne encore fort dans nos oreilles au réveil. C’est que cescinq garçons vont loin, bien plus loin que leurs aînés. Toute leur hargne est éructée dans le micro par Charlie Steen pendant que l’autre Charlie, celui qui officie derrière les fûts, guide, du haut de son estrade, le reste de ses camarades dans un rythme effréné.
Les bières volent, les mecs sautent, Josh le bassiste séduit le public à droite, Eddie le guitariste provoque du regard à gauche… Le public, attentif, finira enfin par réagir dignement, lorsque Charlie finit son dernier titre au milieu de la fosse, torse nu, en nage.
On parie sur Shame pour les 10 années à venir. Minimum.

On dit qu’il ne faut pas se juger un livre à sa couverture. Aussi vrai qu’il ne faut pas juger un artiste à son nom de scène. Buvette. Ca ne laisse présage rien de bon, diront les mauvaises langues. À vrai dire, c’est le contraire. La pop aux accents électroniques est même très sympa, mais le problème c’est que ça s’écoute beaucoup. Eux. Pas nous. Cédric, le chevelu chanteur débarque en K-way, capuche sur la tête sur scène, balance ses maracas au bout de dix secondes. On ne sait pas pourquoi. Enlève son manteau. On ne sait pas pourquoi. Et finira, au bout de la première chanson allongé (lui aussi !) sur la scène. Là, je dis respect. Parce que Shame ont littéralement inondé cette même scène de bières, quelques minutes avant.

Photos : Morgane Milesi | Texte : Sabine Swann Bouchoul

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