Albin Lee Meldau à l’Espace B : plus c’est court, plus c’est bon

LIVE REPORT – Le formidable Albin Lee Meldau était de retour à Paris pour un concert express et intime à l’Espace B.

Je garde un souvenir incroyable du dernier concert d’Albin Lee Meldau. C’était il y a tout juste un an, au MaMA Festival, dans le tout petit et cosy Théâtre de l’Atalante. J’écrivais alors « Éblouissant de talent, Albin Lee Meldau entre tête haute dans notre panthéon des meilleurs concerts de l’année 2016. » Il était alors accompagné de trois musiciens : clavier, basse et batterie. C’était dingue.

Ce soir, à l’Espace B, le Suédois est venu avec un bassiste (percussionniste également) et une choriste discrète. Lui reste à la guitare sèche, juché sur son siège de bar. Lunettes rondes sur le nez, vêtu tout de noir, le songwriter va faire un concert expéditif. Il faut cependant rappeler qu’il n’a officiellement que deux EPs de sortis, Lovers et Blooshot. L’album est pour bientôt promet-il. Albin Lee Meldau nous joue 12 chansons ce mardi soir à l’Espace B. Et pas de trace de « Let Me Go », de « One Man Band », de « Bloodshot ». En revanche, on le sent contraint de jouer « Lou Lou » cette chanson qu’il l’a fait découvrir au plus grand nombre.

 

Charisme théatral et talent brut

Les arrangements sont épurés, la guitare d’Albin est accompagnée de quelques notes de basse, point trop n’y fait. Simon ajoute quelques pulsations de grosse caisse, parfois il alterne avec le charleston. Niveau voix, celle d’Albin nous hérisse toujours les poils. L’intensité qu’il donne dans chacun de ses titres est bluffante. Entre véhémence et vibrato brut, la sincérité de ses interprétations est sans conteste l’un des points forts de cet artiste qui se revendique conteur.

Il fixe les premiers rangs du regard, et bat toujours la pulsation avec son pied gauche. On se laisse porter par ses titres déjà connus, « Darling », « Lovers », « Mayfly » alors que dans la salle, le silence est roi. Au milieu du set, le Suédois passe en mode soul/blues, avec « Persistence » et deux chansons, dont une qu’il présente comme sa « Tinder Song ». « Lying in my bed… I think I like you » chante-t-il avec humour.  Que ce soit le guitare-voix de « Before and After » ou ses chansons plus orchestrées, Albin Lee Meldau est magistralement charismatique. Qu’il est difficile de défaire son regard de cet artiste électrisant…

Le concert se termine avec la superbe « Whitney », suivi du dernier single d’Albin Lee Meldau en date, « Same Boat ». Après un salut en bonne et due forme, le Suédois s’échappe, le public est médusé, perdu. Le concert a duré 45 minutes, et non, il n’y aura donc pas de rappel. Difficile retour à la réalité.

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Texte : Emma Shindo | Photos : Sabine S. Bouchoul

 

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