Francouvertes 2026, soir 4 : Luan Larobina, TDH, Spaghatt
COMPTE RENDU – Retour sur la quatrième soirée des préliminaires aux 30e Francouvertes, à la croisée des identités.
Oh joie ! Le 4e soir des préliminaires des Francouvertes est ouvert par notre chouchou Étienne Coppée, découvert avec ravissement lors des mêmes Francouvertes 2021 sur nos canapés (pandémie oblige). L’humour et l’univers d’Étienne nous séduisent à tous les coups et les merveilleux moments du Show Dassin nous reviennent en mémoire.

Il fait mouche en débutant sa prestation avec une petite blague musicale, interprétant le générique de Bob l’éponge. Version Étienne Coppée bien sûr : attendrissant et si mélodieux ! Il nous fait cadeau ensuite de ses morceaux actuellement en développement : une très belle balade douce et pleine de vulnérabilité. Suivie d’une reprise de “Les Feuilles mortes” qu’il devra jouer dans quelques semaines sur la scène du théâtre Duceppe pour la pièce Frères.
Et puis arrive sur scène son nouveau coloc, Mantisse (LaF, lauréats des Francouvertes 2018), et nous découvrons Étienne Coppée sous un tout autre jour. Comme musicien accompagnateur et directeur artistique, dans une ambiance plus folk qui nous enchante. La voix de Mantisse est surprenante (des airs d’Asaf Avidan, non ?) avec son timbre claironnant et séduisant. La complicité des deux colocs nous fait passer un très bon moment.
Luan Larobina, bien inspirée

La fière Gaspésienne aux origines argentines débarque avec ses musiciennes et musiciens tissés serrés. Elle entonne sa première chanson avec un couplet en espagnol. Résolument attachée à son territoire québécois et à ses origines latines, Luan Larobina revendique ses inspirations métissées et parvient à les retranscrire dans sa musique. Si elle nous semble avoir bien fait ses classes en musique québécoise actuelle, sa personnalité insuffle assez d’originalité pour toucher, emporter et convaincre le public dans ce difficile exercice de “speedating” comme elle appelle le concours des Francou.
Sa voix suave nous réchauffe, et l’éclectisme des langues française et espagnole s’ajoute à celui des instruments : alto, contrebasse, maracas, guitare, piano, batterie. “Pointe-Saint-Pierre”, “Toutes les saisons”, “2e rang” s’enchaînent sans fausse note. Elle finit avec un dernier morceau où elle sort son charango et son émotion, plaidoyer-hommage à la musique qui rapproche et aide la communication entre les cultures.
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TDH, en quête d’identité

TDH, de son nom Tommylee Dauphinais Howard, défend lui aussi la richesse des cultures multiples qui faut célébrer et dont il faut s’inspirer. Lui aussi fier de ses origines québécoises, jamaïcaines et innues, la musique semble être pour lui un terrain de jeu et d’expression jubilatoire. L’ensemble de sa prestation nous laissera cependant plus perplexes. Nous livrant dans un premier temps des morceaux pop assez convenus, TDH termine le concert par deux morceaux plus reggae qui nous rappellent enfin ses inspirations caribéennes et dénotent une originalité qui lui sied davantage. Des paroles “révolutionnaires”, du sax, un tambour, un rythme plus chaloupé, on le sent plus à l’aise et plus convaincant.
Au moins son jeune public, venu en masse, est conquis. Son élan pour le sens qu’il donne à la création artistique est au centre de la prestation, pleine d’énergie et d’excitation, rendant l’ensemble du projet difficile à cerner musicalement parlant. Comme aux prémisses d’une quête d’identité finalement…
Spaghatt, vintage assumé

On a vraiment envie de vous dire d’emblée qu’on a adoré Spaghatt ! La formation de sept musiciens a un projet bien défini : c’est de la country québécoise, et c’est bien vrai. Impossible de ne pas penser aux Cowboys Fringants, de ne pas dodeliner de la tête et esquisser quelques pas. C’est ce que fera d’ailleurs une partie du public dans les recoins de la salle du Lion d’Or.
Le groupe, mené par Émile Touzin et Patrick Bourdon (28e édition des Francouvertes), est en totale maîtrise : “P’tite criss”, “Alberta”, “Nunavut”, “Perte totale”. Avant de terminer par un inédit vantant les mérites de “se calmer le pompom”, dont la mélodie est joliment accompagnée par la violoniste Mélisande Archambault. Leurs textes imagés et bien tournés se combinent à merveille avec leur allure, répandant une sacrée dose de bonne humeur dans la salle. Pas de questionnements identitaires pour Spaghatt, mais au contraire l’affirmation haut et fort d’un style musical bien défini et la transmission d’une culture qui n’est pas encore morte : celles des fonds de bar de l’est de Montréal et des danses improvisées au son des jams !
On ne vous le cache pas, c’est notre soirée préférée de ces Francouvertes 2026. Et le classement final reflète nos préférences de la soirée !
Classement provisoire :
1. Luan Larobina
2. Spaghatt
3. Komedza
4. Chaude Chaleur
5. Dauphins
6. Colin Léo
7. Charlie Rivard
8. MARIE NEIGES
9. Olivier Faubert
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Texte : Hélène Gadé – Photos : Emma Shindo
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