Le « Frisson Noir » de Tarja Turunen

CHRONIQUE – Vingt ans après ses débuts en solo, Tarja Turunen revient avec un dixième album, « Frisson Noir« , à faire tourner la tête.

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Émotion et frisson : l’atout de Tarja Turunen

Petit rappel : si vous ne connaissez pas le nom de Tarja Turunen, chanteuse soprano finlandaise, vous avez assurément déjà entendu sa voix au milieu des années 2000. Première chanteuse du groupe métal symphonique Nightwish, elle a notamment marqué les esprits avec Nemo – tube rock de 2004. Les présentations étant (re)faites, revenons en 2026 – ou presque.

Depuis ses débuts en solo, Tarja a toujours su marier le métal à sa voix lyrique, tout en y ajoutant des éléments du classique (piano, violon, violoncelle, etc). Ce n’est pas avec Frisson Noir qu’elle change de recette, même si celle-ci a naturellement évolué en vingt ans.

L’album commence en douceur avec une introduction au piano (qui rappelle la mélancolie du « Zeit » de Rammstein ou l’envolée Light of the Seven de Game of Thrones), avant que la guitare et la batterie ne reprennent le dessus. C’est ce mélange de douceur et d’intensité qui donne une sensibilité particulière à la musique de Turunen.

Le plus bel exemple réside dans « At Sea ». Une épopée musicale d’une dizaine de minutes, qui nous accroche du début à la fin. Car en 2026, continuer à écrire des morceaux dépassant les 3 minutes se fait rare. Comme dans un film ou une série, le rythme ne doit jamais retomber afin que l’auditeur ne décroche pas. On retrouve d’ailleurs un esprit très Apocalyptica dans ce « At Sea », alors qu’il n’en est rien.

Le groupe de métal classique finlandais se fera entendre sur « Tango« , un peu plus tard. Habitué des collaborations dans le métal symphonique ces dernières années, Apocalyptica, s’intègre ici comme une évidence. Frisson Noir est une vraie invitation au voyage, tant par la richesses de son instrumentation que la diversité des artistes invités, ajoutant du multiculturalisme à ce projet.

Des featurings à foison et des symphonies multiculturelles

Ce qui marque ce dixième opus, ce sont donc les nombreuses collaborations avec des artistes plus ou moins connus, issus d’univers très divers. Nous retiendrons par exemple « Anemoia » : la guitare flamenco de l’Argentin Julián Bedmar répond au violoncelle de Valter Freitas, dans un titre aux sonorités très latines. Ou encore « The Trace Outlives« , qui met à l’honneur le shamisen de Sayo Komada, guitare traditionnelle japonaise.

L’une des collaborations les plus marquantes est le duo avec Dani Filth (fondateur de Cradle of Filth). Un rythme métal effréné, porté par le growl de Dani (bien que plus calme que celui d’Alissa White Gluz, en 2016, sur Demons in You). Un single métal très radiophonique qui, malheureusement, ne se fera pas entendre sur les ondes françaises. Pourtant, il pourrait montrer toutes les subtilités et la richesse de la scène métal, trop peu méconnue et souvent divisée.

Concernant les autres featurings, nous retrouvons Chad Smith (batteur des Red Hot Chili Peppers) sur « Against the Odds », ou encore Marko Hietala sur « Leap of Faith ». Si le premier n’apporte rien de plus à l’album – hormis du prestige -, la collaboration avec Hietala nous rappelle à quel point les années 2000 furent belles. Tous deux passés par Nightwish, il est toujours agréable de voir leur complicité musicale perdurer (bien qu’elle fût remplie d’embûches au cours des vingt dernières années).

Frisson Noir marque donc le retour de Tarja Turunen sur le devant de la scène, avec un message clair : acceptons notre sensibilité, quand bien même elle soit obscure. Et surtout, profitons des mélodies de Tarja Turunen, qui est incontestablement l’une des figures majeures du métal symphonique.

Frisson Noir, de Tarja Turunen, sorti le 12 juin 2026 chez EarMusic.
1. Intro
2. Frisson Noir
3. The Eternal Return
4. Leap of Faith (feat. Marko Hietala)
5. At Sea (feat. Mervi Myllyoja & Niklas Pokki)
6. Blaze Forever
7. The Trace Outlives (feat. Sayo Komada)
8. Tango (feat. Apocalyptica)
9. Anemoia (feat. Julián Bedmar & Valter Freitas)
10. I Don’t Care (feat. Dani Filth)
11. Against the Odds (feat. Chad Smith)
12. Outro