Syd Matters : « Brotherocean », une invitation à la rêverie (chronique)

On pourra dire ce qu’on voudra mais Syd Matters demeure pour moi THE groupe folk français. Leur musique, au fil des albums se bonifie tel du bon vin. Elle se fait toujours aussi douce, elle se fait plus fragile, elle se fait plus harmonieuse, et on ne s’en lasse jamais. C’est en 2001 que le quintette parisien se fait découvrir, par le biais des concours CQFD.com (le laboratoire des découvertes des Inrocks). En 2010, il publie Brotherocean, un album que Jonathan Morali a qualifié de plus lumineux que les précédents. Plus poétique aussi. Son inspiration, le groupe ne le cache pas, provient directement de la littérature : William Faulkner, John Banville ou encore Gabriel Garcia Marquez ont en effet joué un rôle important dans l’écriture de cet opus.

L’album est construit autour de deux axes majeurs:  la littérature donc, mais le rêve également.  Et, cette musique, c’est certain invite à la rêverie, au voyage et aussi à l’évasion. C’est « Wolfmother » qui ouvre cette cuvée 2010 : la couleur est annoncée d’emblée : douceur et volupté sont les mots d’ordre de l’album. « Hallalcsillag », morceau complexe et étrange nous emmène en terre lointaine et inconnue, à bord du vaisseau fantôme de Gabriel Garcia Marquez. « We Are Invisible » (un coup de cœur pour ma part) et « River Sister » représente l’âme de Brotherocean. Inspirés du livre La Mer, les deux titres sont entêtants et le songwriting tout simplement magnifique. Impossible de ne pas craquer à « I Might Float » (deuxième coup de cœur), et son rythme mélancolique à souhait. Mention spéciale à « Lost » et « Rest », deux pièces très proches du meilleur de Radiohead à l’époque Kid-A.

D’emblée, on dira que cet album est un bijou de poésie, ou les morceaux sont toutes plus enivrantes les unes que les autres. Pas de mièvreries, pas de compositions tapageuses ou grandiloquentes. Syd Matters continue son chemin de bonhomme en reprenant les éléments qui font que leur musique est unique : un songwriting fluide et poétique, des arrangements tout en grâce portés par la voix lumineuse de Jonathan Morali. Ghost Days était brillant, Brotherocean est un millésime inestimable, qu’on classe sans hésiter dans les meilleurs album de l’année 2010. On dit que le silence est la plus belle des musiques, nous on dira tout simplement que c’est celle de Syd Matters

Sabine Swann Bouchoul

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12 pensées sur “Syd Matters : « Brotherocean », une invitation à la rêverie (chronique)

  • 1 juillet 2010 à 12 h 32 min
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    quand on écoute Syd, on a l’impression d’infuser dans une tasse à thé et de se faire assommer par une canne à sucre !

  • 21 juillet 2010 à 8 h 56 min
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    Et quand on les rencontre tous dans une toute petite pièce décoré en mode « époque victorienne » on a juste l’impression d’être dans une autre dimension ! c’était ma plus belle interview !! Elle sera bientôt sur musiquemag d’ailleurs…

  • 23 juillet 2010 à 23 h 16 min
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    on remet ça le 2 novembre !

  • 4 septembre 2010 à 10 h 53 min
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    J’y serai. J’adore cette image de la tasse de thé 🙂

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