Notre rétrospective musicale de l’année 2018

CETTE ANNÉE-LÀ –  Ça y est, c’est fini. Adios 2018. Tu as été une belle année musicale, avec de gros coups de cœur mais aussi des déceptions. Coup d’œil dans le rétroviseur avant de passer à 2019.

• Sabine •


Meilleur album : Amir de Tamino
L’année dernière, j’avais eu un coup de cœur pour Tamino. En général, mes coups de cœur me déçoivent quand ils passent à la deuxième étape. Celui de l’album. Pas Tamino. Son album, Amir, est un diamant brut, et à chaque écoute, le coup de cœur se transforme un peu plus en coup de foudre.

Meilleur concert : Tamino au Café de la Danse
Sans surprise, je parlerai encore de Tamino. Son Café de la Danse était l’un des concerts les plus intenses et magiques que auxquels j’ai pu participé. J’ai levé le pied sur les concerts cette année, mais je suis ravie de n’avoir manqué aucun passage parisien de Tamino. L’expérience est toujours aussi belle.

Découverte : Voyou
Parce que le combo guitare+machine+trompette, ça fonctionne. Parce qu’un concert de Voyou te donne le smile et te fait sentir légère. Si légère.

Déception : l’EP De Klok de Neeskens
Ma grande mère disait de ne pas trop espérer pour ne pas être déçue. J’espérais beaucoup de l’EP de Neeskens. Et j’ai malheureusement été déçue.



• Emma •


Meilleur album : Cure d’Eddy de Pretto
Même si son ascension médiatique a été massive et un peu étouffante, il n’y a pas à discutailler, ce premier album d’Eddy de Pretto est une très belle réussite. Des textes intelligents et pas innocents, d’une grande puissance émotionnelle.

Meilleur concert : Feu! Chatterton + L’Impératrice aux Francos
S’il y a bien une catégorie où j’étais sûre de moi, c’était le concert de l’année. Je vous en avais parlé [par là] et sincèrement, rien que d’y penser, mon excitation refait battre à mon cœur la chamade. C’était malade de chez malade, un concert parfait, avec deux groupes généreux et explosifs. J’aurais pu aussi parler de Gregory Alan Isakov au Théâtre Corona, mais faisant partie de mes dieux personnels, j’aurais manqué d’objectivité.

Découverte :  Les Louanges
Pour avoir déménagé à Montréal en début d’année 2018, forcément ma découverte de l’année est québécoise. Un gros big up aux Francouvertes pour m’avoir introduite cette année à plusieurs artistes que je vais suivre avec grande attention et plaisir dans les prochains mois et années : Mort Rose, Laura Babin, Gabriel Bouchard et Lou-Adriane Cassidy entre autres. Huge coup de cœur pour le projet melting pot de Les Louanges, dont je vous ai parlé. Une proposition musicale intelligente qui change, et qui me plaît beaucoup.

Déception : Gael Faure aux Francos de Montréal
Des bons mots de la part des copines au sujet de Gael Faure, que j’avais pourtant déjà vu à Paris, sans être convaincue. D’où ces deux récidives live lors de son passage aux Francos. Une dommage confirmation de ma grosse déception pour cet artiste au talent indéniable, qui a perdu pied dans un jeu de séduction excessif et un jeu de scène maniéré et caricatural qui peuvent lui porter préjudice.




• Math’ •


Meilleur album : Cusp d’Alela Diane
Alela Diane s’est renouvelée dans ce nouvel album, mais tout en conservant ce pour quoi on l’aime : la subtilité de sa voix, des chansons aux mélodies très travaillées, et une douce chaleur très solaire. Un album à la patine vintage pour une jeune femme pourtant tout à fait dans l’air du temps.

Meilleur concert : Jack White et Arctic Monkeys ex-aequo aux Nuits de Fourvière
L’un car il est actuellement l’absolu et inégalable Dieu américain du rock. Les autres, car tout en étant dans l’innovation perpétuelle, il ne se renient jamais et cette soirée là fut un bonheur absolu pour les fans de la première heure.

Découverte : Tamino
Enfin un nouveau visage et une nouvelle voix qui emballe dès la première écoute !

Déception : Ben Howard (album Noonday Dream et concert aux Nuits de Fourvière)
Un album fade, sans aspérité, avec du vocodage qui fait saigner les oreilles, on s’ennuie ferme, le folk guitare voix est totalement abandonné, voire même renié sur scène. Ben tourne le dos au public de Fourvière, ne lui dit pas trois mots et se refuse à faire un seul titre de son premier album, on quitte le concert avant la fin tellement on s’emmerde et qu’on a mal au cœur…

• Jeanne •


Meilleur album : Premier juin de Lydia Képinski
J’ai tellement aimé cet album que j’ai été incapable de le chroniquer. Avec ses (seulement !) huit titres, il réussit à intriguer, surprendre, toucher, émouvoir, le tout grâce à des textes mystérieux et une composition audacieuse. Lorsque je lance la musique, je ne peux m’empêcher d’avoir une écoute attentive, comme si il recelait d’un message secret à découvrir.

Meilleur concert : Cabadzi à la Gaîté Lyrique
Cabadzi c’était déjà mon concert de l’année 2017, et décidément, les 2 garçons savent y faire sur scène ! Cette année ils terminaient la tournée X Blier, un spectacle son et lumière, costumes et mise en scène, illustration et projection, très complet en somme. De quoi en prendre plein les yeux et garder pour toujours un souvenir ébahi.

Découverte : Üghett
C’est lors du Festival Abel que Üghett est tombé pour la première fois dans mes oreilles. Le coup de foudre fut instantané. Sur scène Diane captivait tous les regards par sa prestance et ses textes olé-olé, tandis que ses deux acolytes aux machines faisaient danser la salle du Pop Up de leurs beats techno-dance. Une transe envahissait les corps. Le groupe a ensuite sorti son premier EP, Nectar, un vrai bijou. On devrait en reparler très bientôt !

Déception : Le premier album de Foé
En 2017, Foé avait sorti un EP qui avait emballé la rédac’. Sa voix rauque et chaude nous avait conquises, son jeu de piano épuré et poétique nous avait touchées. Partout on a commencé à parler de lui, les choses se sont accélérées si bien qu’un premier album a vu le jour 5 mois plus tard, en avril 2018. Et là, déception, on n’y retrouvait ni la sobriété ni l’introspection qui plaisaient tant. Très commercial, plein de sons électroniques de retouche vocale inutiles et bling-bling, cet album n’était pas à la hauteur de promesses de l’EP. On attend le prochain, suspicieuses.

• Morgane •


Meilleur album : Joy As An Act Of Resistance d’IDLES
J’aurais adoré pouvoir mettre Songs of Praise de Shame comme suite logique à l’an passé. Mais désolé les gars, votre LP a été largement détrôné cette année par celui d’IDLES. J’ai pourtant attendu le live pour en être sûre. Mais voilà. C’est l’album parfait. Joe Talbot est le mec qui éructe sa verve diabolique contre les homophobes, les racistes, les cons, et redéfinit à lui seul le concept de virilité. Magistral. Frénétique. Jouissif. Dans un autre genre, tout aussi parfait, tout aussi magistral, l’EP Lullaby, de Dear Criminals. Beau à en crever.

Meilleur concert : IDLES à l’Aéronef de Lille
Communément, j’aurais dit que ça a envoyé du bois. Mais là, c’est plutôt la forêt amazonienne qu’il faut viser niveau quantité de son qu’on s’est pris dans la tronche. Douche de bière, pogo intensif, slams à répétition, corde à sauter avec guitare, foule sur scène, chaleur à crever et Danny Nedelko chantée à tue-tête dans toutes les rues de Lille à la sortie. Magistral. Frénétique. Jouissif. C’est quand qu’on remet ça ?

Découverte : Ryan Downey
Comme très souvent, les meilleures découvertes se font en première partie. Il est Australien et a ce quelque chose d’insaisissable qui intrigue. Le feu sous la glace. Et il lui suffit d’une seule guitare électrique pour nous faire fondre devant tant de grâce insolente.

Déception : Isaac Gracie
J’étais presque prête à lui pardonner les nouveaux arrangements de ses titres phares sur son premier LP. Mais les titres qui ont suivi comme « Show Me Love » n’arrivent plus à me convaincre. Un artiste supplémentaire sacrifié sur l’autel de la réussite à tout prix.



• Hélène •


Meilleur album : Joy as an act of resistance d’IDLES
La claque avait été grosse l’an dernier à l’écoute de Brutalism. Elle a été encore plus grande à l’écoute de Joy as an act of resistance. La fureur d’Idles est palpable et belle sur ce deuxième disque qui sonne comme un brûlot des gars de Bristol contre le Brexit, contre l’indifférence face à la crise migratoire, entre autres. Le tout sur fond d’un heavy punk intense et d’un humanisme sincère. En plus, c’est des bêtes de scène !!!

Meilleur concert : Tamino à Rock en Seine
Parce qu’il m’a mis les frissons, chose qui arrive rarement chez moi. Parce qu’il a une voix impressionnante. Parce qu’il a une prestance de dingue et une grâce rare. Parce qu’il n’a besoin d’aucun artifice pour convaincre. Parce qu’il s’est passé un truc assez unique le 27 août dernier sur la scène de l’Industrie à Rock en Seine. Et que la magie a de nouveau opéré au Café de la Danse au mois de novembre.

Découverte : Malik Djoudi et Voyou
Impossible de les départager. Surtout que la rencontre avec les deux a eu lieu pendant les dernières Francofolies. Et depuis l’album Un de Malik Djoudi et l’EP On s’emmène avec toi de Voyou ne me quittent pas. Leur truc en plus ? Des petits pas de danse improbables pour le premier et la trompette pour le second.

Déception : Tranquility Base Hotel & Casino d’Arctic Monkeys
C’est une évolution logique mais pas sure que ce virage néo-crooner soit la meilleure idée que le groupe ait eue… En version album solo d’Alex Turner, j’aurais peut-être été plus conciliante.

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