Half Moon Run : leurs préférences, à eux

INTERVIEW – On a demandé à Half Moon Run, les favorite boys, quelques « favorite things ».

Dans le dernier album dHalf Moon Run, il y a ce titre qui s’appelle « Favorite Boy ». Un titre qui détonne et étonne, mais qui colle à la tête. Comme souvent avec ces garçons. Ça fait un bail maintenant qu’on suit le parcours du quatuor. Trois albums, on ne sait plus vraiment combien de concerts, mais on sait qu’il y en a beaucoup, et une chose est sûre : ils demeurent nos favorite boys. Et on a voulu en savoir plus sur eux, en demandant à Devon, lead-singer du groupe, quelles étaient ses préférences, à lui.

Quel est ton album préféré ?

Et bien, je peux répondre à cette question en disant « qu’est-ce que j’aime en ce moment ». Un de mes albums préférés de tous les temps, surtout sur vinyle, c’est « Live at Cook County Jail » de B.B. King. Je crois qu’il date de 1966 ou 1968. Il a une façon incroyable de maîtriser un des public les plus hostiles au monde, en l’occurrence, celui d’une prison. Il raconte comment certains membres de son groupe ont été en prison et il est capable de faire en sorte que son concert ne s’arrête jamais. Tu es juste en transe. La musique ne s’arrête pas et il parle d’histoires de femmes. C’est un album sublime.

Quelle est ta chanson préférée ?

On tourne avec un artiste qui s’appelle Leif Vollebeck et j’ai tellement écouté son album précédent que je pense en connaître toutes les paroles. Il y a cette chanson « Ellegy », qui est très belle. C’est écrit de manière très profonde et c’est magnifique.

Quel est ton songwriter préféré ?

Ce serait un mélange entre Bob Dylan et Leonard Cohen et peut-être aussi Leif Vollebeck. Je le tiens vraiment en haute estime.

« Pour chaque chanson qu’on écrit, à chaque fois on a l’impression que c’est la meilleure chanson qu’on n’ait jamais entendue de notre vie. »

Quel est ton film préféré ?

Tu sais, c’est drôle, parce que tu fais un peu le tour des choses. Il y en a quelques-uns que je regarde souvent quelque fois. L’un d’eux c’est Spinal Tap. Cela peut paraître un peu ridicule pour les gens extérieurs à l’industrie [musicale], mais quand on est dans l’industrie, on se rend compte à quel point c’est bien écrit. Nous avons vécu presque toutes ces expériences. C’est assez drôle.

Quelle est la ville préférée ?

Probablement quelque part en Scandinavie… Copenhague. L’alternative serait l’arrière-pays de Byron Bay, en Australie. Je ne suis pas du tout un hippie, mais ça ressemble au Canada avec un meilleur temps, beaucoup moins de personnes et une sorte de liberté d’esprit. C’est bien. Mais Copenhague aussi. Très organisé, une démocratie très socialiste. Ça fait vraiment du bien de se promener dans cette ville.

Ta chanson préférée dans ta propre discographie ?

Pour chaque chanson qu’on écrit, à chaque fois on a l’impression que c’est la meilleure chanson qu’on n’ait jamais entendue de notre vie. Et puis très vite, on se rend compte que non. Je trouve que plus tu passes du temps avec une chanson, surtout quand tu la travailles en studio, tu as des conversations très émotionnelles sur elle, et puis tu passes tout ce temps à écouter le mixage, le mastering… dans une certaine mesure, tu en es amoureux pendant un certain temps.

Je ne peux pas écouter les nouvelles musiques que nous avons écrites… encore. D’une certaine manière, je les déteste. Mais, avec le temps, tu y reviens et les choses que tu aimais à son propos redeviennent logiques à nouveau. Et ces choses, pour moi, ce sont les paroles. Donc, je pense que dirais « Sun Leads Me On ». Pas vraiment pour l’enregistrement, mais pour les paroles qui me font du bien. **It’s got a good meter to it** « While I’m going where the sun leads me on / yes, i’m going where the sun leads me on ».

« Qu’est-ce qui est merdique ? Qu’est-ce qui est réel ? »

Ton endroit préféré pour écrire de la musique ?

Dans le silence. Il y a une période de repos et ensuite un vrai silence. Tu as besoin d’un tampon entre le vrai silence. Le meilleur moment, et ça serait plus le cas si j’étais un oiseau de nuit, ce serait très tard dans la nuit, quand tout le monde dans la maison est endormi. Je combattrais la fatigue, mais il y aurait comme un accès à un état de rêve qui peut rendre l’écriture très lyrique. C’est assez impressionnant.

Il y a eu une étude d’un gars qui a écrit sur Sting. En gros, il a analysé le cerveau de Sting pendant qu’il écrivait des chanson. Qu’est-ce qui se passe dans son cerveau à ce moment-là. Il a découvert que pendant le processus d’écriture, Sting était entre l’état « d’analyse critique » et celui du rêve. Donc, prenons les paroles de l’état de rêve et analysons-les de façon critique. Ce basculement est très coûteux pour l’énergie physique. On dit souvent que les artistes sont paresseux. Mais lorsqu’on s’intéresse au niveau d’énergie mentale nécessaire pour alimenter cet état… c’est intéressant ! Quand il est tard dans la nuit, que ton cortex préfrontal commence à se détendre, que tu commences à ne plus parler très clairement mais que tu as accès à l’état de rêve, tu entres alors dans une espèce de sphère de bonheur. Et là, tu peux écrire beaucoup de choses… Mais il faut se lever le matin, prendre un café et se demander : « qu’est-ce qui est merdique ? Qu’est-ce qui est réel ».

Ton clip vidéo préféré ?

« Total Eclipse of the Heart » de Bonnie Tyler. Il y a des joueurs de football, des ballerines, des cheerleaders, des ninjas… et en plus j’adore cette chanson.

« Drake rend les choses tellement faciles »

Ta chanson « guilty pleasure » ?

Probablement du Drake. Ou de la trap music. Ils rendent les choses tellement faciles. Et je sais que ce n’est pas facile, mais ils donnent l’impression d’être seulement eux-même sur cassette. Notre approche, en comparaison, semble tellement artificielle. Je suis envieux de ça. Drake est tellement accrocheur. Je viens de lire qu’il a été dans le top 10 pendant 460 semaines, et une de ses chansons a été dans le top 10 pendant presqu’une décennie. Ça ne m’étonne pas, il est tellement catchy. J’aime bien l’écouter parce que je suis curieux et il est agréable à un niveau très superficiel pour moi. J’ai écouté sa mixtape de 20 chansons le jour où elle est sortie mais je ne l’ai plus jamais écoutée après. J’aime bien Lil Wayne, mais je ne l’écoute plus parce qu’il ne touche pas mon cœur. C’est ce qui me fait réécouter.

Ton endroit préféré pour être seul ?

À la maison. Sans hésiter.

Ton endroit préféré pour un date ?

À la maison (rire). C’est tout. Je n’arrive pas vraiment gérer les environnements bruyants quand j’essaie de connaître quelqu’un.

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