dEUS : déclaration d’admiration

LIVE REPORT – Il y a 20 ans sortait The Ideal Crash, le troisième et plus reconnu des albums de dEUS. Pour cet anniversaire, le groupe belge était de passage à La Cigale. Attention, déclaration.

Je voue une profonde admiration à Tom Barman depuis 15 ans, pour des milliers de raison. Je pourrais parler de TaxiWars, Magnus, Any Way The Wind Blows, « Le poinçonneur des Lilas » comme autant de preuves du talent de cet homme-là. Je pourrais parler de sa classe incroyable (même en jupe), de son accent, de sa gentillesse et de sa disponibilité remarquable pour un artiste de cet accabit. Mais concentrons-nous sur dEUS, et sur ce concert à La Cigale. Concert un peu spécial puisque répondant à la grande mode des tournées anniversaires, ici pour les 20 ans de The Ideal Crash. Je n’aime pas la Cigale et son sol trampoline. The Ideal Crash, bien que le plus reconnu des albums de dEUS, n’est pas mon favori (aucun n’atteindra la perfection d’In A Bar, Under The Sea, non ?). Alors pourquoi y aller ? Parce qu’un concert de dEUS ne se manque pas. Point.

Album intemporel par excellence

Tous les titres de l’album se sont logiquement enchaînés. L’occasion de vérifier que cet album n’est pas le plus fou du groupe. Oui MAIS. dEUS le sait. Alors dEUS fait ce qu’il faut faire. Apporter exactement ce qu’il manque, ce petit truc en plus qui fera du concert quelque chose de remarquable : des danseurs. Une troupe qui viendra sur scène se lancer dans des chorégraphies classieuses aux moments les plus opportuns (« Put The Freaks Up Front », « Instant Street »,…) et dont on ne pourra pas détacher le regard. Joli coup, belle idée, résultat inattendu. Encore du génie.

Mais le vrai génie restera pour moi ce que dEUS a été capable et est toujours capable de faire à l’heure actuelle. En écoutant « The Magic Hour », « The Ideal Crash », « Instant Street », « Magdalena », beaucoup de choses remontent à la surface, à commencer par un grand sourire niais et beaucoup de frissons. Il est époustouflant de se rendre compte (encore une fois ?) à quel point chacune de ces chansons est totalement intemporelle. Pas une ride. Pas une trace du temps passé. Je pourrais défier quiconque ne connaissant pas le groupe de donner l’année ou même la décennie d’origine d’un de ces titres. Impossible. Cette musique-là transcende les époques, et là réside à tout jamais le génie de la composition. J’ai un respect sans nom pour les créateurs de telles œuvres.

La marque des plus grands

Une preuve supplémentaire sera la réaction du public. Oui, bien sûr, certains, même 20 ans après, ont toujours les paroles en tête. J’avouerai que ce n’était pas mon cas. Mais pour la première fois, je me suis rendue compte que dEUS était le seul groupe dont je connaissais mieux les partitions que les textes. Ce ne sont pas les paroles qu’on chante avec dEUS. Ce sont les riffs. Ce sont les parties de basses. On connaît chaque nuance de batterie, on pressent chaque pause, on sait où commencera et où finira le violon (aaaah, Klaas Janzoons, lui aussi orfèvre de la première heure dans ce groupe…). Le tubesque album The Ideal Crash est comme intégré au plus profond de nos cellules. Il fait partie de nous. Et dieu que c’est bon de le vivre en live, de reconnecter avec tout cela. Aller voir dEUS sur scène, c’est comme rentrer chez soi après une longue absence.

Et c’est encore meilleur quand le calme relatif de The Ideal Crash sera compensé par les rappels. « Quatre Mains », « Nothing Really Ends », mais surtout les parfaites « Theme From Turpike » et « Roses ». « Comme chaque chanson de dEUS, ça commence toujours au paradis et ça finit en enfer ». Qu’il était bon d’être en enfer hier soir. Qu’il était bon de célébrer cet anniversaire, de voir qu’après des décennies, le public reste là, le groupe reste là, les chansons restent là, aussi fortes qu’à leur création. Si ça, ce n’est pas la marque des plus grands, alors je ne sais pas ce que c’est.

Vivement la suite. Très vite. C’est Tom qui l’a promis.

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